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Tin Man

TIN MAN
« Dripping Acid »
(Global A Records)

Un retour d’acid ! On ne pensait vraiment pas être de nouveau capté par ce genre de sonorités qui ont culminé, pour nous en tout cas, avec Acid Scout (Richard Bartz), Emmanuel Top et surtout Plastikman qui a régné sur le genre durant la décennie 90 (cf. Sheet One, Musik, Recycled Plastik, Artifakts (bc) et Consumed en point d’orgue). Depuis, on n’avait pas raccroché les wagons. Ex, l’opus tardif de Plastikman justement, nous avait laissé indifférent et surtout dépité : trop « vieux », trop connoté, figé dans une époque révolue… Ce sentiment n’est pas une surprise, en « old timer » accompli que nous sommes devenus, ce n’est pas la première fois que l’on se retrouve face à ce phénomène de déchéance musicale, de vieillissement sonore pas forcément prématuré. On en était resté là, jusqu’à la découverte de cet album de Tin Man. Avouons-le, pour les raisons précédemment évoquées, nous ne connaissions pas Johannes Auvinen (de son vrai nom). Et pourtant, il aligne plusieurs albums et près d’une trentaine de maxis depuis ses débuts en 2004 ! Pour reprendre le titre d’un de ses opus, il est devenu le chef de file du « neo acid ». Peu de différence avec les anciens cela dit, si ce n’est un peu plus de rondeurs et de basse dans la rythmique (« Flooding acid », « Washing acid »), parfois presque dub (« Sunken acid ») !. Pour le reste, même montée graduelle dans les aigus (« Evaporated acid », « Undertow acid »), même boucles hypnotiques, même mélancolie synthétique (« Oozing acid » et le sublime « Pooling acid »), même jansénisme sonore (il en cultive d’ailleurs aussi le look). Mais il a retrouvé un savoir-faire imparable pour faire « chanter » les TB-303 et autres machines vintage. Et la magie opère de nouveau…

Laurent Diouf
wtm-paris.com, juillet 2017