«

»

City Sonic

citysonic

CITY SONIC

Mis en place en 2003, à Mons en Belgique, le festival City Sonic a pour vocation de faire découvrir les arts sonores (installations, parcours, performances, concerts, ateliers, expositions…) in situ, dans l’espace urbain, à un large public. Mais qu’est-ce que l’art sonore finalement ? Que recouvre ce terme ? Quelles pratiques artistiques y sont rattachées ? Quels types d’œuvres en émergent ?

C’est à ces questions, notamment, que tente de répondre un ouvrage collectif — City Sonic, les arts sonores dans la cité — au travers de nombreuses contributions réunies sous l’impulsion de Philippe Franck, directeur du festival, qui rappelle en préambule qu’il s’agit en premier lieu pour les artistes rattachés à cette démarche d’explorer le son dans toutes ses dimensions contemporaines en allant au-delà des représentations musicales et traditionnelles… de traiter le son comme matériau premier… Faisant écho aux propos d’Érick D’Orion qui précise, quand on commence à s’intéresser au son sans se soucier de la musique, ça devient de l’art sonore, de l’art audio.

L’art sonore s’enracine aussi bien dans le mouvement futuriste que dans le du cinéma d’animation, avant de s’émanciper et de se diversifier au fil des supports, des techniques et des nouvelles pratiques qui en découlent comme le souligne Anne-Laure Chamboissier dans un texte qui met en lumière la relation entre les arts visuels et le son ainsi que la musique du début du XXe siècle. L’art sonore est aussi à la source de sa matière première. Nombre d’œuvres génèrent des sons, des bruits et des ondes, au travers de machines, d’objets, d’images, de voix, de corps, d’environnements, de réseaux… Sons captés, collectés, trouvés, détournés… La gamme est large. Et à la question quelle est votre définition personnelle de l’art sonore ?, beaucoup d’artistes pointent le rapport à un espace naturel ou construit, et insistent sur l’importance de l’écoute.

Ainsi, pour Gauthier Keyaerts, ce sont des contrepoints sonores interrogatifs et souvent matérialisés sur le rapport communicationnel, osmotique ou antagoniste, entre l’homme et la « société » : l’environnement naturel, l’architecture… Frank Smith complète cette définition fragmentée en indiquant que cela consiste à créer des visibilités et des énonciations sonores. Faire entendre ce que l’on ne peut pas voir. Mais on sent aussi beaucoup d’hésitations et de réticences pour qualifier, ou du moins, tenter de cerner le périmètre de l’art sonore; sachant que toute définition qui englobe valablement des formes variées est impossible, dixit Todor Todoroff.

City Sonic, Les arts sonores dans la cité (sous la direction de Philippe Franck), La Lettre Volée, 2015. > www.lettrevolee.com

 

Laurent Diouf
publié dans MCD #81, mars-mai 2016