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(Quatermass)

« Je me souviens » du Festival du Bois de la Bâtie à Genève. C’était il y a vingt ans… Trois jours et deux nuits de pure folie, en plein cœur de la ville, dans un parc privé. Une enclave hors norme. Musiques, théâtre, évènements, etc. Un havre de paix à dominance « folk & rock » comme les paléo-festivals des villes voisines (Nyons, Montreux, etc). Depuis, ce grand raout a été pacifié puis dispersé dans des salles publiques… La techno a renouvelé nos déviances et rajeuni le public… La frange expérimentale de l’electronic-music a rallumé la flamme de l’inventivité. Ce double album repose sur un concept simple : fournir une base de données sonore à une cohorte d’artistes pour qu’ils affirment leur singularité à partir de ce tronc commun mis en place par Franz Treichler des Young Gods pour l’édition 1999 du festival du Bois de la Bâtie. Résultat des courses, on a le plaisir d’entendre « live and direct » les travaux étonnamment linéaires et rythmiques de formations qui s’illustrent le plus souvent dans l’avant-gardisme hermétique en prenant plaisir à martyriser leurs machines. Abstract-groove ? C’est majoritairement le cas du 1er CD où sévissent Scanner, To Rococo Rot, Bump & Grind. Et ce malgré une baisse de régime de la part de David Shea et de Rehberg & Bauer. La deuxième salve s’ouvre sur de l’ambient-electronic mid-tempo généré par DJ Olive et Kreidler. Si Vincent Hänni nous embarque pour une longue montée high-tech et dubisante dans la lignée de certaines productions de chez Mille Plateaux, en revanche, Stock Hausen & Walkman sont bien décidés à nous faire crier grâce pour cause de pliages, distorsions et autres malversations musicales.

Laurent Diouf