WRECK THIS MESS > RADIO > ITW 5
Le nom signifie "détruisez ce bordel". Les lettrés feront aussi une
analogie avec l'expression "nettoyer les écuries d'Augias"... Ils ont
raison. > ARCHIVES
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Wreck This Mess @ Radio Libertaire, 145 rue Amelot, 75011 Paris, France.
Laurent Diouf est un personnage singulier... Première "mutinerie
sonore" : juillet 1989, […]. La suite de l’histoire il la raconte...
L'émission a été créée dans les années 80s par Bart Plantenga sur WFMU
91.1 (New York / New Jersey - USA). D'où le nom de l'émission.
WFMU est une "College Radio", une radio de campus universitaire. Un peu
l'équivalent des radio-libres, à l'époque. Donc, lorsque Bart vient en
France, à Paris, c'est vers ce circuit-là qu'il se tourne.
Et en l'occurrence, vers Radio Libertaire, "La voix de la fédération
anarchiste". Il commence l'émission sur Libertaire en 1988.
À l'époque, je faisais de la radio sur Radio Enghein avec des amis,
dont un certain Manu. Grande période du rock alternatif et des
sound-systems parisiens...
On alternait infos et plages musicales. Dans un esprit "punky-reggae
party"... On est resté un an environ, puis on a été "obligé" de partir.
C'est comme ça qu'on a rencontré Bart : Manu l'a contacté et nous
sommes passés tous les deux avec des disques sous le bras.
On avait une passion commune pour le dub, singulièrement Adrian
Sherwood / On-U Sound, et des groupes comme Renegade Soundwave ou Meat
Beat Manifesto, l'indus aussi, des choses plus arty et/ou cold (T21)
et, bien sûr, l'EBM naissant avec Front 242, Fad Gadget, Colour Box...
En 1989 (vingt ans déjà !), on fait une première émission, seuls, sans
Bart qui nous confie ensuite régulièrement les clefs lorsqu'il part en
vacances ou qu'il ne peut pas être présent. On appelle ça des
"mutineries éphémères".
En 1991, Bart repart aux États-Unis et Manu travaille désormais à
l'heure où l'émission a lieu (16h30 / 18h00 à l'époque). Je me retrouve
donc tout seul aux commandes.
De fait, j'opte comme Bart, pour une programmation non-stop.
C'est-à-dire, sans infos ou autres : de la musique, uniquement de la
musique; encore de la musique. D'autant que, si Manu avait une certaine
aisance au micro, ce n'a jamais été mon cas. Cela dit, je ne suis pas
un virtuose de la technique non plus et l'équipement de la radio était
plutôt basique. Je ne suis pas DJ, thanks God (joke). Je mixe comme un
pied. Et la radio a ceci de bon : on ne voit pas le public et l'on
n'est pas obligé de réagir au "dancefloor". L'idéal pour un
misanthrope. Ou un "individualiste"... Donc, pas de mix mais une
programmation qui résulte d'une sélection. Deux termes importants.
Sur la forme, l'émission est à peu près la même. Disons que je panache
moins les styles dans une même émission. Mais, selon les semaines,
j'alterne les styles: electronic-dub vs hypnotic-groove vs
ambient-industrial vs breakbeat-n-noise vs minimal-techno vs
electronica-experimental vs dark drum-n-bass…
Sachant que j'ai une sainte horreur des vocaux. J'ai toujours aimé les
musiques instrumentales : dub et industriel en premier lieu. "Je me
souviens" d'un disque de Sly & Robbie en 1978. Un des premiers
album dub que j'ai écouté, pour répondre à la question "déclic". Le
funk, disco & co, m'ont toujours fait gerber. Relent d'adolescence
sans doute… Je te laisse imaginer, ce que je pense de la French Touch
ou de l'elektro-pop. Le temps passe mais pas les inimitiés.
Ni l'amitié : nous sommes toujours en contact avec Bart qui, depuis,
s'est installé à Amsterdam où il est toujours "radioactif" sur Radio
100 (RIP) et sur Radio Patneapoe. Il existe donc 2 "Wreck This Mess" :
WTM-Paris et WTM-Amsterdam. Ils nous arrivent parfois de faire des
émissions communes (dernière en date, le 13/10/09).
Quant à la "créativité, pfff... Jamais là où on l'attend, de toute
manière. D'autre part, ce paramètre est faussé avec l'âge. L'effet de
surprise s'atténue, s'émousse. Si on prend le dubstep, par exemple,
foyer de créativité incontestable, mais je suis toujours tenté de
modéré - j'allais dire, rabaisser... - par rapport à l'aune de la
créativité de courants antérieurs comme le dub-hop, toujours par
exemple.
Mais ce n'est pas forcément, pour moi "s'entend", un facteur dominant :
ce qui m'intéresse, ce n'est pas tant la créativité que l'émotion. Un
morceau qui fonctionne, qui touche ou percute (c'est selon...) n'est
pas forcément "créatif". Il peut même être très bateau, standard, mais
être dix fois meilleur qu'une composition qui se veut créative.
De ce point de vue, par contre, je suis toujours très curieux (à défaut
d'être surpris). Je ne me lasse pas d'écouter, de découvrir. Je suis
comme un gamin quand je reçois un disque :-)) Par contre, les soirées
concerts me laissent désormais de marbre. Dire qu'il fut un temps où
j'aurais vendu ma mère pour 30 deniers pour aller voir un concert...
Pour en revenir à la radio, je ne mélange jamais l'émission avec mes
autres activités. D'une part parce que ce n'est pas le genre de la
maison : Radio Libertaire, je le répète, c'est "La voix de la
fédération anarchiste". Sans pub, sans Dieu ni maître. Liberté totale,
absolue. Corollaire, je n'ai pas envie de me laisser dicter ma
sélection par les maisons de disque, les distributeurs ou les boîtenes de
promo. Ça ne veut pas dire que je ne passe pas de nouveautés ou autres.
Ni que je refuse les promos. Bien au contraire. Mais hors des
impératifs que je peux avoir (et accepter) en presse. Donc, pas
d'interview (j'en ai fait, j'en veux plus). Pas d'infos. Pas
d'opération autour d'un disque. Pas de feedback. Etc. Bis repetita : la
musique, uniquement la musique; encore la musique. What else…
Ah, oui : le site ! WTM-Paris.com existe depuis la fin des années 90s
(par contre, là, je ne me souviens plus précisément).
Pendant longtemps, j'ai fait circuler des playlists "papier", que
j'envoyais méthodiquement aux labels, groupes, etc. À l'ancienne
(photocopie, noir&blanc), en prenant le soin de choisir un visuel
différent chaque semaine.
Bref, les temps ont fini par changer et désormais les playlists sont
disponibles en ligne. Et diffusé par mailing à quelques fidèles et,
selon la sélection, aux activistes concernés (labels, etc.).
Pour le reste, le site sert de base d'archives pour les chroniques
(disques, dvd, livres), articles et interviews que j'écris pour la
presse. Pour mes contributions discographiques (rédactions, sélections,
productions). Et pour mes compilations.
J'insiste sur le mot "archive" : ce n'est pas un webzine, ni un blog.
Là aussi, ce n'est pas l'actualité qui dicte le rythme des updates… Qui
plus est, je suis en attente d'une refonte de l'architecture et du
design. Donc, pour le moment, le site est plutôt en jachère…
Mais à court terme, il devrait s'enrichir d'une base de données (disque
+ livre). L'idée - basique - étant de mettre en ligne les index de ma
discothèque (dub, collectors, etc.) et ma bibliothèque (SF, philo,
etc.). Toujours avec cet esprit d'archiviste…
L'autre développement programmé pour WTM-Paris.com, c'est bien sûr une
section net-label. Ne serait-ce que pour ré-activer l'expérience des
compilations et albums griffés "wreck this mess" !
(sauf dernier paragraphe) interview publiée dans Essmaa #01
panorama des pratiques musicales électroniques et atypiques
/ novembre-décembre 2009, p. 44-45.
publication commune de l'association Gummi Gumi et du projet E-Fest (Tunis)
format PDF, gratuit / online: http://essmaa.wordpress.com/