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The Orb featuring David Gilmour

THE ORB featuring DAVID GILMOUR
« Metallic Spheres »
(Columbia)
theorbgilmour

On sait le tribut que doivent aux groupes de rock progressif et psychédélique tous les musiciens qui ont imposé l’ambient en parallèle à l’explosion de la techno. Symbole de cette scène qui a émergé à l’orée des années 90s, The Orb s’est distingué d’office avec un album monumental, catalyseur de tous les courants qui rythmaient — et continuent de rythmer — la musique conjuguée dorénavant à l’électronique : Adventures Beyond The Ultraworld. Abondamment chargée en samples, cinématographique et labyrinthique, cette invitation au voyage cosmique fut immédiatement suivie d’autres excursions trancey, dubby et housey transfigurées par les Aubrey Mixes. Très « space » également, la pochette conçue par les fameux Designers Republic ré-utilisait la photo de la fameuse usine — en fait, la centrale électrique de Battersea au sud-ouest de Londres qui lançait ses 4 cheminées à l’assaut du ciel et, accessoirement, d’un cochon volant — illustrant le célèbre disque des Pink Floyd, Animals. Quelques décennies plus tard l’ancien roadie de Killing Joke, Alex Paterson, âme pensante de The Orb qu’il pilote au gré de collaborations éphémères ou de longue durée (Thomas Fehlmann), concrétise enfin un projet avec David Gilmour, guitariste de ce groupe légendaire enterré définitivement en 2008 avec Richard Wright… Le résultat, sans être délirant, est assez séduisant pour qui aime la musique stratosphérique. Cet opus est partagé en 2 longues plages d’une bonne vingtaine de minutes chacune et qui comportent plusieurs stances (« Hymns to the sun », « Olympic », « Chicago dub », etc.), constituant ainsi un véritable mini-album. À l’oreille, on reconnaît instantanément la guitare aérienne de David Gilmour dont les arpèges s’enroulent sur les nappes synthétiques et rythmiques discrètes dispensées par le « docteur » Paterson. Pas ou peu d’habillages en dehors de ces textures, nous sommes loin de la flamboyance et de l’exubérance sonores qui caractérise leurs combos d’origine, mais l’ensemble est malgré tout assez captivant. À noter qu’il existe une édition « deluxe » avec un enregistrement en son « tri-dimensionnel » (3D60™ version) !
> http://backsideoftheorb.com

 

Laurent Diouf
publié sur Digitalmcd.com, février 2011