«

»

The Clash

clashONE MORE DUB

En finir avec Elvis, les Beatles et les Stones ! Vaste programme repris, une génération plus tard, par certains technoïdes… Mais pour l’heure, nous sommes en 1976, et l’histoire de The Clash démarre. La saga de ce combo emblématique des années punk — illustrée par une impressionnante et superbe iconographie (affiche, pochette de disques, photos, coupures de presse, etc.) — nous est racontée par le biais d’entretiens réalisés par Mal Peachey. Une autobiographie à 4 voix : Strummer (disparu en 2002), Jones, Simonon et Headon, les protagonistes de cette aventure « fin de siècle », livrant des points de vue croisés sur leur épopée musicale qui s’achèvera en 1984.

Un récit chronologique criblé d’anecdotes éclairant le contexte dans lequel ce groupe mythique a conçu ses albums. London Calling et Sandinista sont ainsi disséqués, presque titre par titre. Chaque 45 T, maxi, édition limitée et tracklisting de concerts font aussi l’objet d’une attention détaillée. Mais impossible de saisir la rage et les multiples influences qui marquent leurs compositions, sans également connaître la situation socio-politique de l’époque. L’Angleterre s’enfonce alors dans la crise économique qui portera Margaret Thatcher au pouvoir en 79. Chômage de masse, grève opiniâtre (les mineurs), libéralisme à outrance (pléonasme)…

Cette « horreur économique » met le feu aux ghettos. Les « west-indies », à commencer par la forte communauté jamaïcaine, s’affrontent en batailles rangées avec Babylon… Comme tous les « petits blancs », les Clash éprouvent un mélange d’envie / jalousie face à cette explosion sociale et appellent leurs congénères à suivre l’exemple des rastas (cf. « White riot »). Et puis, comme l’union fait la force, Joe Strummer et ses acolytes conjuguent leurs efforts avec Mikey Dread et Don Letts pour donner ses lettres de noblesse au « dub-rock ». Des dreads et des crêtes : c’était le bon temps, ah ah ah… Un très beau livre à offrir aux quadras pour noël.

The Clash, Strummer / Jones / Simonon / Headon (400 pages, format 250 x 288 mm, édition Au Diable Vauvert).

 

Laurent Diouf
publié dans MCD #49, nov.-déc. 2008