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Norman Spinrad

Bleue comme une orange
Là-bas, il fait chaud, beaucoup plus chaud… Ici aussi, d’ailleurs : une forêt de bambou pousse dans les jardins des Tuileries qui servent toujours de lieu de rendez-vous malgré les crocodiles qui rôdent sur les berges… La Roumanie produit de la skunk de première qualité et il est désormais possible de faire cuire un oeuf sur les trottoirs de Manhattan… Nous sommes à la fin du XXIe siècle et le réchauffement climatique a atteint un tel niveau que l’avenir de l’humanité est menacé. Avec la célérité et l’efficacité qu’on lui connaît, l’ONU décide d’organiser un congrès pour tenter de trouver des solutions appropriées… Mais les réticences et les blocages ne viennent pas (enfin, pas seulement) des états membres, mais de cartels… Dirigées par des vieillards cupides, ces espèces de super-multinationales dont la stratégie d’expansion dépend étroitement des techniques de communication se font fort de fourguer contre vents et marées, ou plutôt contre alizé et sécheresse, « du pain, des jeux » et des climatiseurs du troisième type… C’est avec des sueurs froides que l’on relira Bleue comme une orange, un roman alarmiste en forme de thriller écologique signé par Norman Spinrad qui nous décrit, une fois de plus, les fléaux qui nous attendent…

Norman Spinrad, Bleue comme une orange (rééd. J’Ai Lu)

Laurent Diouf
publié dans MCD #21, septembre 2004