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ROBERT SILVERBERG :
le stakhanoviste de la S-F.

Robert Silverberg fait partie des auteurs de références en matière de Science-Fiction américaine. Il a à son actif plus d’une centaine de romans et non des moindres : “L’Oreille Interne”, “Le Livre des Crânes”, etc. Quant aux nouvelles, on ne les compte plus : cinq cents, peut-être plus même, si l’on en croit “Le Science-Fictionnaire” de Stan Barets.

Ce “Who’s who” de la S.F. nous rappelle également que Silverberg a aussi écrit une soixantaine d’autres ouvrages allant de la littérature à la vulgarisation scientifique. Pour en savoir plus sur cet écrivain prolifique, vous pouvez aussi vous reporter à la série de portraits brossés par la série “Le Livre d’Or de la Science-Fiction”. Ré-édité sous le terme générique de “Grand Temple de la S-F”, un tome lui est consacré : “Voir l’invisible”. Cet inventaire contient une biographie établie par Philippe R. Hupp ainsi qu’une bibliographie détaillée mais malheureusement pas exhaustive faute de ré-actualisation…

Une telle débauche quantitative n’est pas forcément synonyme de qualité. On peut reprocher à Silverberg un manque de créativité, de faire du neuf avec du vieux. Et alors ? Il y a encore tant de choses à dire sous des angles et des approches inédites, de monde parallèles à explorer. Pourquoi la SF devrait-elle singer le “nouveau” roman pour rester à l’avant-garde de l’écriture et du narratif ?

Silverberg est un conteur. Ce grand-père du futur nous raconte simplement des histoires. Des histoires d’extra-terrestres, de voyages dans le temps et dans l’espace, etc. Avec des mots simples, un style clair et limpide, il reprend toute la thématique classique de la S.F. En général, dès les premiers paragraphes, ses récits nous tiennent en haleine jusqu’à la fin : “L’homme dans le labyrinthe”, “Les déportés du précambrien”, “Les monades urbaines”.

Plusieurs thèmes récurrents apparaissent dans ses ouvrages. La temporalité et ses multiples paradoxes : “Les temps parallèles”, “Les déserteurs temporels”, “Opération pendule”. L’uchronie : “La porte des mondes”. Les pouvoirs psychiques : “L’homme programmé”. Le space-opera avec toutes ses variantes : “Starbone”, “Un milliard d’année plus tard”, “La génération finale”, “Le chemin de l’espace”. Et bien sûr “Les guetteurs des étoiles” qui détectent “Les ailes de la nuit”…

En forme de trilogie, la saga de Lord Valentin sur “Majipoor” et celle du “Nouveau Printemps” constitue de grandes fresques. Conformes aux lois du genre, elles nous décrivent en détail des mondes fantastiques. Incontournable, Silverberg a aussi travaillé avec Asimov, notamment sur “L’Enfant du temps”. Il condense tout son art scriptural dans ses nouvelles : “Compagnons secrets”, “Trips”, “Pavane au fil du temps”, “Thèbes aux cent portes”, “Les chants de l’été” et “Les éléphants d’Hannibal”. Ces courts-métrages constituent une excellente cartographie imagée des territoires enchanteurs de ce grand maître. Silverberg a également présenté une anthologie, “Des hommes et des machines”, pour laquelle il a choisi des textes signés par Aldiss, Blish, Lieber, Williamson, Saberhagen, etc. Curieusement, il a omis son frère jumeau Clifford D. Simak; le seul auteur qui lui soit comparable.
Laurent Diouf
Article publié dans Coda en 199?





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