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L627 vs R2D2

Les gamins de Bogota sniffent de la colle à rustine et les robots se shootent à l’huile de vidange… Question dope, puisque c’est de cela qu’il s’agit, la science-fiction longtemps manqué d’imagination. La S.F. campait sur une vision passéiste. Un comble ! Il y avait bien un flash suivit d’un grand voyage, mais celui ci se résumait généralement à une gigantesque partie de gendarmes et de voleurs intergalactiques. La galaxie Andromède remplaçant avantageusement la plaine de la Bekaa et le Triangle d’Or. Même dans le futur, lorsque les super-héros affrontent ce “phénomène” de société, c’est pour mieux traquer ceux qui refourguent de la came aux terriens et aux travailleurs immigrés venus de planète lointaines (cf. “Outlands”). Politiquement correct !

La version légaliste se doublant d’un certain utilitarisme, les toubibs finiront par se substituer aux dealers (“Toxicofuturis”). Ils prescrivent déjà ce qu’il faut pour survivre dans “Le Meilleur Des Mondes”; et ce depuis “1984”. A mi-chemin entre l’assommoir et l’élixir de longue vie, un peu comme de nos jours somme toute : Témesta, Prozac, Subutex et j’en passe… Simple transposition futuriste. Point. A la ligne.

Bref, arrivent enfin les années 60/70s (toujours elles !). Les récits déjantent un peu plus. Il faut dire que les écrivains savent de quoi ils parlent. Silverberg assure que le réel est à l’origine de ses plus beaux “Trips”. Mais, à en juger par “Les Dangereuses Visions” qui assaillent cette nouvelle génération d’écrivains, on est en droit d’en douter. Le symbole de cette époque reste incontestablement Philip K. Dick : ses “Délires Divergents”, ses illusions et ses simulacres (“Le Dieu Venu Du Centaure”, “Substance Mort”). Vu que tout, et n’importe quoi, a été dit sur ce Che Guevara de la S.F., on ne s’y attardera pas. Jeter K.W., son fils spirituel, nous confie aux bons soins du “Dr. Adder”; plus proche du “docteur Feelgood” que d’Olivenstein. Un cas spécial…

Maintenant, la dope fait partie des “décors truqués”. Il suffit de faire un tour dans les “cyber-cafés” où les guerriers de l’espace peuvent goûter un repos bien mérité. Téma les clients ! “Mozart En Verre Miroir” (sans doute pour éviter d’entendre le fameux : “rendez vous les yeux, vous êtes cernés !”) et “Mona Lisa s’éclate” … Quant à Kadrey, il nous narre avec un réalisme cru les tribulations d’un dealer dans Los Angeles, revisité Mad Max / New York 1997, (“Métrophage”).

Dans le genre, les toxicos seront peut-être les premiers hommes bioniques. Du style, échangerais péninsule usagée contre narines en plastique… Quoi qu’il en soit, quitte à avoir des prothèses synthétiques ou chimiques pour voir la vie en rose et découvrir “Le Pays Du Fou Rire”, pourquoi pas des implants ? Les univers imaginaires du rêve en poudre, gélules et autres buvards, seront bientôt programmés directement sur nos neurones. Alors seulement, comme pour la musique, des pigistes chichement payés se chargeront de vous “aiguiller” sur les branchements digne d’intérêt. C’est le travail de Quijin : le héros de “L’arbre A Rêves” est en effet critique en hallucinations. Stupéfiant, isn’t it ?
Laurent Diouf
Article publié dans Coda en ???

Tableau B :
Carroll J. “Le pays du fou rire” (J’ai Lu)
Dick P. K. “Le Dieu venu du centaure” (J’ai Lu)
Dick P. K. “Substance Mort” (Denoël / Présence Du Futur)
Ellison H. “Dangereuses Visions I & II” (J’ai Lu)
Gibson W. “Mona Lisa s’éclate” (J’ai Lu)
Jeter K. W. “Dr. Adder” (Denoël / Présence Du Futur)
Kadrey “Metrophage”
Les Délires Divergents de Philip K Dick (Casterman)
Morrow J. “L’arbre à rêves” (La Découverte / Fiction) (réed. J’ai Lu)
Silverberg R. “Trips” (Presse Pocket)
Sterling B. “Mozart en verre miroir” (Denoël / Présence Du Futur)
Toxicofuturis (Opta)





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