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SF / mars-avril 2007:

UNE fois encore, nous ouvrons cette rubrique par BIFROST. N'y voyez aucun favoritisme. Même si, il est vrai, on parle rarement des autres revues (Galaxies et consorts) ou des webzines comme le Cafard Cosmique dont l'importance n'est plus à démontrer. Bref, au sommaire du 45ème numéro de la revue des mondes imaginaires on (re)trouve un panorama exhaustif de l'actualité avec un tombereau de chroniques. Il y a aussi les razzies 2007 ou "le meilleur du pire". Soit des "prix" couronnant les pires romans, nouvelles, traductions, compromissions ou couvertures (sur ce plan, celle de cette édition n'est pas mal… ). Un marronnier toujours jouissif. Par contre, l'interview de Maurice Dantec nous donne de l'urticaire. Quelque soit la valeur du salmigondis pseudo science-fictionnesque qu'il "écrit", il y a longtemps que ce partisan de l'ordre noir ne devrait plus discuter qu'avec des médecins. D'ailleurs, j'en connais qui sont prêts à avoir une discussion "soutenue" avec lui… Passons. L'essentiel est ailleurs. Dans les dossiers, doublés de nouvelles. Greg Egan bénéficie de ce traitement de faveur suite à la publication de son recueil Axiomatique, aux éditions Le Belial', avec interview et bibliographie à la clef.

DEUX, euh pardon… "de" même que ROBERT CHARLES WILSON à l'occasion de la publication de son roman Spin chez Denoël (Lunes d'Encres). Un livre distingué par le prestigieux Prix Hugo 2006. L'intrigue est la suivante. Par une agréable nuit d'octobre, les étoiles disparaissent ! Plouf. Comme si quelqu'un avait appuyé sur l'interrupteur… Le soleil aussi devient "aveugle". Lumière, bon sang !!! En fait, il semble que la terre a été mise sous cloche. Pourquoi ? Comment ? Par qui ? Mystère. Mais dans l'immédiat ces "problèmes" semblent secondaires au regard des désorganisations que ce phénomène entraîne. Télévision, téléphone, Internet : tout le système de communication tombe en rade car les satellites, bien évidemment, ont également disparu. Mieux encore, ce bouclier préserve du temps ! C'est vraiment une mise en quarantaine complète. Paradoxalement (quoi que, dès qu'il s'agit du temps, les paradoxes ne sont jamais très loin), la faille est peut-être là. Et l'humanité va pouvoir jouer sur cette distorsion temporelle pour entreprendre la terraformation accélérée de Mars…

TROIS jours… Peut-être un peu plus… Bill Masen ne sait pas exactement combien de temps il s'est écoulé depuis son admission à l'hôpital. Toujours est-il que, lorsqu'il se réveille dans sa chambre, il devine confusément que quelque chose ne tourne pas rond. L'endroit est quasiment désert. Dehors, les gens errent comme des zombies. L'humanité est devenue aveugle depuis qu'une comète a disséminé ses débris dans le ciel, engendrant ainsi le début d'une invasion du troisième type. Des monstres verts, bien entendu… mais il s'agit de plantes ! Des organismes végétaux de tailles démesurées, venimeux et capables de "coloniser" une surface à vitesse grand V. Et la fin, catastrophique, semble inéluctable. Un classique du genre : Le jour des Triffides de JOHN WYNDHAM méritait bien d'être réédité chez Folio SF. A ranger, si ce n'est déjà fait, précieusement aux côtés d'autres récits apocalyptiques de même "nature" comme Le monde vert de Brian W. Aldiss ou Encore un peu de verdure de Ward Moore… Puisque l'on parlait d'invasion et de colonisation, poursuivons avec Le vieil homme et la guerre de JOHN SCALZI. Vu le titre, vous vous en doutez, il s'agit d'aventures viriles et sanglantes à bord de vaisseaux spatiaux. Les références en la matière demeurant, comme il est rappelé en 4ème de couv, Joe Haldeman (La guerre éternelle) et Robert Heinlein "réhabilité" depuis l'adaptation d'Etoiles, garde à vous (i.e. Starfish Troopers). On en profitera pour rappeler le recueil initiatique supervisé par Jacques Goimard, Histoires de guerres futures. Si le contexte du roman de John Scalzi s'inscrit dans cette tradition de combats intergalactiques, son postulat est différent. Et c'est là tout l'intérêt. En effet, en guise de chair à canon laser, l'Empire, ou plutôt l'Union Coloniale recrute non pas des bellâtres mais des personnes âgées (il m'a aimé toute la nuit, mon grabataire… ). L'avantage, pour les intéressés, c'est qu'on les remet à neuf avant de les envoyer au casse-pipe. Ils ont droit à des traitements médicaux et actes chirurgicaux qu'ils ne pourraient pas se permettre de se payer autrement. Après tout, de nos jours, l'armée américaine prend en charge la scolarité de ses jeunes recrues. C'est finalement la même chose, version papy boom…

QUATRE nouvelles au menu de Ender Wiggin, premières rencontres d'ORSON SCOTT CARD publié par L'Atalante. Et ça tombe bien car sinon impossible d'amorcer ce paragraphe ! Là aussi le titre est explicite : ces textes sont des avatars à son fameux cycle d'Ender. Une saga élaborée à partir de "La stratégie d'Ender", un court texte présenté ici et qui fût plus tard développé en roman (un peu comme Arthur C. Clarke et "La sentinelle" pour 2001 L'odyssée de l'espace… ). C'est l'éducation non pas sentimentale mais guerrière (admirez l'enchaînement) d'un jeune surdoué qui aura pour mission de combattre les doryphores. Ne riez pas, ce sont de redoutables extra-terrestres. Mais, bon, c'est vrai, il aurait pu trouver un autre mot bien que l'évocation d'insectes intelligents et supérieurs technologiquement, fasse toujours son effet… En parallèle à ce cycle — au sens strict, c'est-à-dire avec le même "arrière-monde" et encore Ender Wiggin comme personnage central, vis-à-vis duquel un dénommé Car Bean veut rivaliser — Orson Scott Card a développé La saga des ombres dont J'Ai Lu vient de rééditer le premier volume : La stratégie de l'ombre. Les inconditionnels de cet auteur, connu aussi pour la Terre des origines, Abyss et, pour les puristes, Sonate sans accompagnement (des nouvelles écrites à ses débuts), pourront également "évaluer" sa relecture de La belle au bois dormant au travers d'Enchantement. Un roman estampillé fantasy qui vient également de paraître chez Points.

L@urent Diouf
rubrique publiée dans MCD #39, mars-avril 2007





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Laurent Diouf aka Wreck This Mess - Paris