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FILE UNDER: tekno vs cut-up
publication, date: MCD #17, mai 04

THOMAS BRINKMANN
Tokyo +1
(Max Ernst)

Thomas Brinkmann nous fait le coup du carnet de voyage ! Ce CD est imprégné de l'écho de ces déambulations dans Tokyo; métropole qui fait rêver tous ceux pour qui veulent vivre dans un décor à la Blade Runner… On y entend des bribes de conversations — dans le genre: euh, pardon, pour aller à Shinjuku, svp ? — et la rumeur de la ville (bruits du métro, ambiances captées sur le vif)… Ca va plaire à Walter (private joke) ! Bien sûr, avec un tel énergumène, il ne faut pas s'attendre à ce que ces éléments soient sagement agencés sur des volutes synthétiques… Pourtant, ça commence doucement, limite ambient, puis cela se poursuit de sur une cadence mid-tempo. C'est après que ça complique. Tout se mélange et se désarticule : les samples sont hachés menus, selon la technique du cut-up. Les rythmiques s'affirment puis finissent par partir complètement en live vers la fin… Au milieu, sur un titre assez sournois qui tourne (c'est le cas de dire…) sur un loop à la sonorité étouffée, se détache quelques mots en français (bariolé, découpé, déplacé) extraits d'une conférence de Michel Foucault. Un document que Thomas Brinkmann utilise — mixe — de manière récurrente, tout comme un entretien de Cioran où le dernier des philosophes discourt sur l’ennui; ce trouble de la révélation temporelle dont sont exempts les gens frivoles : ceux qui n’ont pas conscience du temps ne s’ennuient pas. Et, au fond, la vie n’est possible que si l’on n’a pas conscience du temps (cf. Weisse Nächte sur le label Supposé)… LD
www.max-ernst.de








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