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310
Downtown & Brooklyn Only
(Leaf)
Finalement, il y a une justice ! La "bonne" musique finie toujours
par triompher; fusse pour cause de réédition opportuniste. En
effet, ce n'est pas l'amour de l'art mais le succès remporté dernièrement
par 310 qui pousse aujourd'hui Leaf à ressortir leurs premiers faits
d'armes
Mais ne boudons pas notre plaisir. Ce double album met bien en
évidence la lente maturation qui a présidé à leur
reconnaissance actuelle. Car ce duo vient de loin. De très loin même
lorsque l'on compare leurs compositions liminaires ("Aug 56") à leurs
ébats tardifs ("The Dirty Rope"), limite big beat par moments ("After
All")
La comparaison avec DJ Spooky, période "Viral Sonal" et "Necropolis"
est pertinente car ils généraient en ces temps reculés
(1998) de sombres climats mortifères et vrombissants comme des drones
("Prewar doormar", "Warsaw 49 50"), soutenus par des rythmiques caverneuses
("Global illage", "Downtown & Brooklyn only") ou des percus incantatoires
("Fear of zamfir"). Le tout étant bien sûr truffé d'effets,
de boucles, de samples. Mais 310 est véritablement sorti de sa chrysalide
avec "SnorkelHouse", un opus complètement hallucinant qui reprend tous
ces ingrédients en privilégiant un aspect cinématographique.
Aspect renforcé par l'enchaînement des morceaux proposés
dans un format un peu plus court et une alternance salutaire entre passages
rythmés et atmosphères "fin de siècle". C'est l'objet du
1er volet de cette réédition et c'est le summum en la matière
!
LD
POST-SCRIPTUM :
toutes ces chroniques ont été
écrites précédemment pour Coda magazine, House-Of-Techno,
Hypertunez, Mix, Musiques Electroniques, Musiques & Cultures Digitales, Octopus,
Trax, Zipper
CONTACT :
Laurent Diouf aka Wreck
This Mess - Paris