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James Flint

POLONIUM 210

Le nouveau roman de James Flint, Électrons libres, commence par un licenciement, ce qui paraît banal en ces temps de « délocalisation » massive… Sauf quand l’employeur est une officine américaine basée en Angleterre, genre Echelon, et l’ex-salarié, un programmeur qui travaillait dans ce site militaire ultra-protégé… Le motif de son renvoi est une petite boîte remplie d’une poudre grisâtre. Parano étatique et de crainte d’attentat bactériologique oblige, recevoir ce genre de paquet en un tel endroit est franchement rédhibitoire… Bonne nouvelle : ce n’était pas de l’anthrax. La mauvaise : c’était les cendres de son paternel… Un père appartenant à la génération baba, disparu sans laisser de traces. Du coup, libéré de toutes contraintes professionnelles, l’ex-employé modèle part à la recherche des lieux où a vécu son géniteur et des personnes qui l’ont croisé. Une quête qui le conduit à sillonner l’Amérique et ses freaks qui semblent sortir d’un récit de Chuck Palahniuk, à invoquer les dieux antiques et à explorer une mine d’or, à prendre des clichés de vraies-fausses oeuvres d’art et à résoudre « l’énigme des pierres »… Tout cela pour atterrir à Atomville, cité « radieuse » digne des villes sans nom de l’URSS nucléaire, point nodal de sa mythologie parentale : son père ayant fait vœu de sculpter des matériaux radioactifs tel un alchimiste des temps modernes.

James Flint, Électrons libres (Au Diable Vauvert)

Laurent Diouf
Coda #119, février 2006

jflint