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Greg Egan

gregegan2OCÉANIQUE

Le recueil de nouvelles très attendu cette saison, c’est celui de Greg Egan, Océanique. Une somme (640 pages), qui s’inscrit dans le cadre d’une intégrale raisonnée. Une politique éditoriale assez rare finalement pour un auteur vivant et encore jeune; le lascar étant né en 1961 en Australie. Signe, si besoin était, de la valeur de cet écrivain. Et au travers de cette sélection qui fait suite à Axiomatique et Radieux — tout en attendant un quatrième volume — on retrouve des thèmes chers à Greg Egan, comme les mathématiques (sa formation initiale), les manipulations génétiques et les nanotechnologies. La première histoire met en scène une partie de football quantique, complexe et rapide, dont on peut suivre virtuellement l’incarnation des ondes générées par des joueurs multi-centenaires… Les hooligans du néant peuvent même en apprendre les règles sur un site dédié. Il nous entraîne ensuite dans un monde où il faut faire très attention à toute discontinuité, où rôdent des entières sombres; véritables mines structurelles… Puis dans une autre société où le mercantilisme publicitaire se glisse jusque sur les billets de banque grâce à des hologrammes paramétrables. Mais il y a pire… et les majors semblent avoir trouvé leur « compte » avec une sorte de virus, de ritournelle musicale… Et puis, encore dans un autre univers, ce sont des batteries de clones, une armée de réservistes en stand-by pour des transplantations. Clonage qui peut s’avérer utile pour les longs voyages intergalactiques et affronter des extraterrestres solipsistes… Sans oublier des variantes, comme la « copie » par numérisation…

Greg Egan, Océanique (Le Bélial’)

 

Laurent Diouf
publié dans MCD #56, janv.-fév. 2010