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Gas Narkopop

GAS
« Narkopop »
(Kompakt)

On patiente près de 5mn avec un premier morceau qui ne donne à entendre qu’une frise harmonique vaporeuse. Passé ce préambule, on retrouve l’ambiance et les éléments des précédents albums que Wolfgang Voigt a signés sous le nom de Gas : de longues nappes symphoniques et, un peu en retrait, des rythmiques softs et sournoises portées par une basse sourde, le tout nimbé d’un effet de souffle (« Narkopop 2 », « Narkopop 7 »). Le schéma de construction des morceaux est invariable : une lente montée en puissance installe une boucle hypnotique et mélodique qui s’étiole ensuite doucement. Lorsque cette pulsion sourde disparaît (« Narkopop 4 »), on sombre effectivement dans une sorte de narcolepsie sonore. Lorsque le battement de la basse s’affirme (« Narkopop 5 », « Narkopop 8 », « Narkopop 8 »), l’ambiance s’assombrit davantage et une menace voilée se fait plus pesante… Mais c’est le tout dernier morceau qui renoue vraiment avec l’effet de sidération et l’hypnotisme gothique de la « sainte trilogie forestière » de Gas (Zauberberg, Königsfortst, Pop) — à laquelle on rajoutera le maxi Oktember et les 20 Minuten im November de la série initiée naguère par Raster-Noton pour le passage du nouveau millénaire. Plus de 15 ans après son dernier opus sous ce pseudo, Wolfgang Voigt, parrain de Kompakt avec Michael Mayer et Jürgen Paape, ajoute ainsi quelques touches à cet hiver nucléaire musical. À noter que l’édition digitale comprend l’ensemble des tracks rassemblés sur une piste, en un long mix.

Laurent Diouf
wtm-paris.com, mai 2017