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Éric Arlix

ET HOP

Il y a une décennie, on parlait encore d’écriture rock pour qualifier les oeuvres des critiques qui s’essayaient à la littérature. Le terme perdure encore, mais tourne à vide. Il n’y a plus d’attitude, ni d’aventure — fut-elle scripturale — liée à cette musique. Désormais, comme la musique et bien d’autres formes d’expressions artistiques, l’écriture est « électronique ». High-tech. Sur ce plan, Éric Arlix est connecté sur notre époque. Son dernier texte, Et Hop, est séquencé comme un site web et bénéficie d’un relief particulier grâce à un jeu sur les polices de caractères et la mise en forme. Il a recours aussi au procédé du collage par interposition, répétition et bien d’autres artefacts. Sans parler de l’utilisation intensive de barbarismes et d’anglicismes. Et de l’emploi immodéré du jargon lié à l’informatique. Presque jusqu’à la caricature : Je déracke un stylet titanium…/… À la requête la fictionnalisation du réel aux mains des pools innovants les items défilant sur plasma sont continus, scrollant sans fin vers le bas (p. 25). Sur le fond et à la suite de Mise à jour, son premier opuscule, c’est le descriptif de dérives urbaines et de stratégies d’évitements face aux prémices envahissantes du capitalisme phase 4…

Éric Arlix, Et Hop, (éditions Al Dante / Léo Scheer)

Laurent Diouf
(Coda, novembre 2003)

arlix