Qu'il est loin le temps où les actions directes, et
généralement explosives, faisaient
rêver les éléments les plus romantiques
et idéalistes d'une
génération… Si l'on connaît
assez bien les groupes qui ont sévit durant les
années de plomb en Italie, en Allemagne et au Japon (les
pays vaincus…), on ignore en revanche que les
États-Unis ne furent pas épargnés par cette
révolte des "petits blancs" contre l'ordre
établi. Dans la foulée des agitations
étudiantes de cette époque, du mouvement contre
la guerre du Vietnam et des
Black Panthers, un collectif
dénommé
THE WEATHER UNDERGROUND a pourtant
passé le cap supérieur : attentats contre le
Capitole et le Pentagone, attaques à mains armés
pour subventionner leur clandestinité, etc. Leur mot
d'ordre:
bring the war home. En d'autres termes :
ne rien faire en
période de violence est une forme de violence. Le
documentaire de
Sam Green & Bill Siegel qui est sorti DVD au
début de l'été retrace leur
épopée en mêlant images d'archives et
témoignages actuels. Du moment clef de leur engagement
(poussé par l'impuissance des initiatives pacifiques)
à des faits d'armes rocambolesques (la libération
du "pape" du LSD,
Timothy Leary), en passant par les cibles
économiques (banques, etc.). Et leurs dérives.
Puis leur reddition. Un seul membre du groupe,
David Gilbert, purge une
peine de prison à perpétuité. Les
autres ne furent pas condamnés, le FBI ayant
caviardé les procédures judiciaires. Depuis la
situation est pire. Et on cherche toujours le moyen de
détruire l'ordre des choses sans commettre les
mêmes erreurs, sans en payer le prix…
The times
they are a-changin'…
LD