En toute logique, on commence par écouter le CD : un subtil
mélange d'acoustique trafiquée et de bidouillage
laptop qui évoque, en effet, les compositions de Fennesz.
Une musique à la fois irréelle,
mélodique et "technique". On poursuit en insérant
le DVD qui s'ouvre sur la carcasse d'une voiture, explosée,
avec en dessous comme légende: the possibility of
utopia… Comme lendemain qui chante, on fait mieux ! Et
pourtant, lorsque l'on avance dans le monde étrange de
PRETTY BOY CROSSOVER & JULIO SOTO, on se rend compte qu'ils ont
créé une "poétique de l'espace" en
recyclant des images qui ne sont pas censée faire
rêver : des décors urbains qui fleurent bon
l'Europe de l'Est et les années 70s. Des maquettes
d'aménagement du territoire, des piétons qui
déambulent au ralenti, des usines de voitures, des rocades
et des barres d'immeubles mis en boucles, des tours
submergées par les flots… Des montages
transforment ces immeubles en insecte migrateur. La superposition de
ces construction dessinent des villes invisibles que n'auraient
peut-être pas renié Italo Calvino. Encore
que…
LD