Comme beaucoup de laptopeurs,
Mark Templeton retravaille des sons
purement acoustiques. Il les re-découpe, les superpose, les
modifie, les monte en boucle, les brouille aussi. Bref, toute une
pratique qui n'est pas sans présenter certaines analogies
avec des démarches mises en pratique dans la peinture
moderne… Plus concrètement, si l'on ose dire, ses
compositions se situent quelque par entre Ezekiel Honig Fennesz, Jan
Jelinek et Richard Chartier par exemple. Beaucoup de loops et de
mélodies contrariées sur des trames ambient assez
abstraites… Toujours à la limite de
l'expérimental et du simple plaisir de l'écoute,
il jongle aussi bien avec des field recordings, qu'une boucle issue
d'une guitare ou d'un banjo. Des loops qu'il n'hésite pas
à parasiter, à surcharger d'un crachin
numérique… Une orientation qui lui a valu
d'être sollicité par le milieu de la danse
contemporaine et celui des arts numériques, avides de ce
genre de manipulations. Cela l'a amené aussi à
entamer une série de collaboration avec
aAron Munson, un de
ses compatriotes également basé à
Edmonton, au Canada. Ce réalisateur underground entre en
correspondance avec ce maelström sonore via de petits courts
métrages. Au field-recordings, il semble logiquement
répondre par du "found footage" et utilise les
mêmes techniques (superposition, loop) que son complice,
recyclant ainsi des séquences tremblotantes de super-8, des
prises de vues en noir et blanc, des chutes de film aux couleurs
passées… Edité par Anticipate
Recordings, le DVD
Acre Loss offre un bon aperçu de cette
convergence audio-visuelle au travers de 10 pièces qui ne
sont pas non plus sans rappeler certaines réalisations du
turntabiliste Philip Jeck…
LD