Cela maintenant fait quelques années que le documentaire
de
Jacqueline Caux sur la scène techno historique de Detroit,
Cycles of the mental machine, est projeté et primé lors
d'évènements internationaux. Il avait notamment fait l'ouverture
du Festival d'Automne à Paris en 2006, suivi par des lives-sets de Carl
Craig, etc. Mais le DVD se faisait toujours attendre. Il vient juste de sortir.
Enfin ! Et c'est vraiment un document exceptionnel. Le point de départ
et le fil rouge de cette histoire, c'est Charles Johnson, plus connu sous le
nom de
The Electrifying Mojo. C'est lui qui va propager, entre autres,
le son urbain et électrique de Kraftwerk dans son émission de
radio à la fin des années 70s, tout en cultivant un culte absolu
de l'anonymat qui fera ensuite florès auprès du collectif
Underground
Resistance et des pionniers de la techno made in Detroit. Un "passeur" qui
aura une importance capitale pour tous les futurs acteurs du mouvement.
Mad
Mike en tête, dont l'ombre est récurrente dans le film. Mais
il y aussi le contexte, le terrain sur lequel tout cela s'est enraciné
: la communauté Noire et les musiques qui ont pré-existé
à cette révolution rythmique. Une grande partie du film y est
consacrée. C'est d'ailleurs plus un film sur la ville de Detroit, en
voie de "tiers-mondisation", que sur la techno proprement dit… Comme nous
l'expliquait Jacqueline Caux (cf. MCD #42) :
je désirais aller voir
sur place si j'avais raison de penser que la présence des usines automobiles,
des chaînes de montage, des gestes répétitifs, des pistes
d'essais de vitesse, avaient un lien avec les rythmes machiniques envoûtants
de cette musique techno. Je voulais voir si l'omniprésence des machines
et de tous ces immeubles détruits avait pu générer un "mood"
psychologique et musical particulier… Ce film est bien sûr dédié
à la mémoire du compagnon de la réalisatrice, le regretté
Daniel Caux.
LD