Après un temps d'incertitude, le gémissement des violons et violoncelles
de l'orchestre
Ensemble Modern prend de l'ampleur, éclipsant le
drone électronique, installé sur une fréquence assez haute,
qui servait d'intro. Aux cordes, s'ajoutent bien vite d'autres notes disparates
et des dissonances que le pianiste
Ryuichi Sakamoto met en jeu en plongeant
les mains dans les entrailles de son instrument qui cohabite avec deux laptops…
La scène, plongée dans le noir, s'illumine par intermittence grâce
à des motifs fluctuants projetés sur un rectangle en arrière-plan
par
Alva Noto (Carsten Nicolai). Au fil de l'évolution de ce concert,
d'autres formes et une lumière bleutée correspondent avec ces (fausses)
improvisations électro-acoustiques et expérimentations électroniques.
"Fausses" car tout cela est bien sûr très préparé,
contrôlé, comme l'on peut s'en rendre compte sur la version DVD de
cet opus. Puis, une sorte de "neige cathodique" envahit temporairement l'écran,
synchro avec une texture plus granulaire, plus bruitiste. Ensuite, des couleurs
plus chaudes font écho aux bleeps et bourdonnements des machines accompagnant
les gammes d'un piano plus conventionnel, avant un grand final électrique.
LD