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David Calvo

calvoWONDERFUL

Qui pourra prétendre sauver nos rêves ? Moi ? Non, moi, je passe des disques. Je vous accompagne en attendant l’apocalypse… Vous écoutez Blue FM et vous allez vivre la fin du monde comme s’il s’agit d’un after… Cool. Zen. Wonderful même selon le titre du roman de David Calvo. Pas de pillage, ni d’orgie libératrice. « Foutus pour foutus », dirait cyniquement Hubert Lucot, « n’en faisons pas un drame »… Profitons en, au contraire, pour vivre enfin nos utopies sans entraves. Au grand désarroi de certains qui s’attendent à voir le ciel, ou plutôt, la lune leur tomber sur la tête. Les quartiers de Londres, libres de toute autorité constituée, se transforment en phalanstère pour néo-Victoriens, post-hippies et autres tribus plus conventionnelles: bourgeois, plasticiens, punks, scientifiques (qui, depuis l’incident du mont Corno, ne sont plus en odeurs de sainteté), militaires, braqueurs, etc. Bref, à chacun sa zone autonome qui, vu les circonstances, ne peut vraiment être que temporaire… Mais il y en a qui veulent encore y croire, qui refusent l’inéluctable et partent à la recherche d’un film, seule trace visible d’un rêve prophétique qui pourrait bien expliquer et changer la situation…

David Calvo, Wonderful (rééd., J’Ai Lu)

 

Laurent Diouf
publié dans MCD #25, janvier 2005