«

»

Philippe Curval

curvalrastaRASTA SOLITUDE

Écrire de la science-fiction, nous dit Philippe Curval, c‘est explorer des mondes différents sans l’intention de s’intégrer… c’est revendiquer la hargne du déclassé culturel, la désinvolture insolente de celui qui n’a rien à perdre en se projetant dans l’avenir, face à l’exil intérieur où le maintiennent les augures et les hiérarques du Système. C’est pourquoi il écrit de la « science-fiction rastaquouère » en prenant comme modèle des individus littéralement déboussolés, en proie à ce que le psychiatre Régis Airault nomme le « sentiment océanique ». Cette perte de repères qui saisit les Occidentaux au contact de l’Inde et leur ouvre brutalement une porte sur d’autres espaces, sociaux, culturels et psychologiques, incertains… Dans son recueil de nouvelles, Rasta Solitude, Philippe Curval « transfère » donc ce dangereux syndrome de l’exil volontaire dans des lieux où errent des entités inquiétantes, des chirurgiens déséquilibrés, des nains informatisés, des gardiens de phare cosmique…

 
Philippe Curval, Rasta Solitude (Flammarion / Imagine)

 

Laurent Diouf
publié dans MCD #13, janvier 2004