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Christof Kurzmann

CHRISTOF KURZMANN
"The Air Between"
(Charhizma)

Une longue modulation de deep tones, c'est-à-dire de sonorités plus que ténues. Presque subliminales. Pendant 46 mn, les machines de Christof Kurzmann n'émettent en effet qu'un léger chuintement auquel vient s'ajouter, sporadiquement, une pulsion mate, quelques craquements ou un crissement déstabilisant… Cette sculpture sonore se veut inspirée par le 11 septembre et contient, en guise de livret, une lettre franchement acerbe et cinglante de Gabriel Garcia Marquez à l'adresse de Georges Bush. Le Prix Nobel de littérature 82 replace cet attentat en perspective avec Hiroshima, le Vietnam et autres "dommages collatéraux" dûs aux opérations extérieures menées par l'armée américaine (Salvador, Iraq, etc.)… Sa missive est traversée par une lancinante question : que ressent-on lorsque l'horreur frappe à notre porte et non plus à celles des autres ? À l'indicible, Christof Kurzmann répond par l'imperceptible, par le souffle de l'incertain (The air between), de l'attente et de la résignation…

Laurent Diouf
publié dans MCD #09, septembre 2003