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FRENCH
DUB CONNECTION
01 Seven Dub - Melo
02 Ethnician - U.S.S.
03 Djins - Les Frères
04 Hanuman Care Kit - Somebeleev
05 Rasboras Dub Tribe - Peace & Freedom
06 LXR - Human Being Humans (feat. Omar Ben Hassan)
07 Aleem - Profit Leave
08 Laurent Garnier - Theme From Larry's Dub
09 Kojak - hold Me (Seven Dub mix)
10 Colinn Zukkie - Two Times In A Modern Style
11 Housatonic - Freestyle Dub
12 Primitive - Dead Frog (The Rootsman remix)
13 Zenzile - Dub Trooper
14 Hopen Collective - Freedom Dub
Personnel Supervisor : Nicolai Beverungen / Echo Beach (echo.beach@on-line.de)
Head Of Vibes : Laurent Diouf & Guillaume Metenier
Mastered by Tom Meir. Liner-Notes by Laurent Diouf. Artwork & Design 3D Models by Frdéréic Voisin
Available on Echo Beach, Kl. Schfäerkamp 32, 20357 Hamburg, Germany
A l'heure de la French Touch,
le dub n'a jamais rencontré autant d'écho dans l'Hexagone. Des
posses sortent de l'ombre pour balancer des bonnes vibrations dans les soirées
oú les basses résonnent plus que les drums. Cette agitation est
peut-Õtre le prélude d'une lame de fond plus importante... Et si le dub
made in France était enfin devenu une réalité ? Après
tout, il y a maintenant une scène rock digne de ce nom et on peut que
s'enorgueillir de la vitalité du rap fran¡ais. C'est d'ailleurs cette
musique des mots qui fait dire à Nicolai @ Echo Beach que "les français
peuvent faire - doivent faire - du bon dub".
Cette exception culturelle compenserait les faiblesses d'une tradition musicale
qui s'est forgée à l'aube des années 80s. A Paris comme
en Province, les premiers sound-systems se d»roulent clandestinement dans les
caves d'immeubles délabrés, sous des ponts, dans des parking souterrains,
sur des péniches... En ces temps obscurs, pas l'ombre d'une production
locale. Juste des vinyls pieusement ramenés de Jamaïque ou importés
d'Angleterre. Des pionniers balancent leurs "lyrics" en V.F. sur les faces B.
Classique. Puis ces toasters finissent par trouver les moyens d'éditer
leurs propres compositions.
Mais la plupart restent sur la touche faute d'avoir pu, ou su, pactiser avec
Babylone; i.e. de signer avec des majors... Outre des querelles de clochers,
le milieu reggae est gangréné par un rastafarisme pur et dur mais
franchement anachronique. A la mÕme époque, en Angleterre, des groupes
militent pour une approche plus urbaine. Des poètes dispensent un discours
politique. Cette crispation religieuse se ressent toujours dans les compositions
de la plupart des formations françaises. Dans l'ensemble, nos compatriotes
restent très roots, trop roots... Malgré tout, des groupes parviennent
à survivre et quelques versions surnagent au dessus de cette mêlée.
Il faudra donc attendre l'expansion du rap, et par voie de conséquence
un regain d'intérêt envers le hip hop et le ragga, pour que cette
situation évolue quelque peu. Les MCs se singularisent par des interventions
nerveuses. Quelques instrumentaux viennent compléter leurs dithyrambes
sociologiques... Mais cette radicalisation de la parole et du rythme a un revers.
Les enfants des cités perdues ne plaisantent pas et les amateurs de dub
désertent les sound-systems devenus zones à haut risque... Direction
la scène punk-rock. Cette mouvance "alternative" fait preuve d'une plus
grande originalité en matière de dub. Pour autant, point de punky-reggae
parties, le "sucré-salé" n'étant pas vraiment à
l'honneur dans la cuisine française...
Les anneés 90 furent fatales à ce mouvement. La traversée
du désert commence. En France, comme partout ailleurs, le dub est en
perte de vitesse. Le reggae se momifie. Une nouvelle génération
arrive. Les technokids prennent le contrôle. Hors de nos frontières,
l'ambient va redonner ses lettres de noblesse au dub. Ensuite, la fusion s'opère
avec la techno. Puis, ce sera au tour de la jungle. Tout est possible. Les principaux
courants de l'electronic-music convergent avec succès vers le dub. Décomplexés,
les Froggies passent enfin à l'offensive.
Dans sa configuration initiale, le sound-system a posé les bases de la
"culture club" et du DJing. Un art parfaitement ma²trisé par Laurent
Garnier. Le dub est devenu un exercice de style pour la génération
techno et consorts (Aleem, Kojak, Seven Dub). Le home-studio supplée
l'absence d'ingénieurs du son. Les initiatives fusent de part et d'autres,
des maquis du Sud-Ouest (Colinn Zukkie) à ceux du Nord-Est (Housatonic).
Métissées (Ethnician, Djins, Hopen Collective) ou high-tech (Hanuman
Care Kit, Zenzile), ces excursions témoignent d'une dynamique qui culmine
lors des soirées Dub Action. Ces rendez-vous canalisent depuis peu cette
effervescence et ont surtout donné naissance au premier label dub franaçis,
Hammer Bass. Rasboras Dub Tribe et Primitive en sont les représentants.
Autre ambassadeur, LXR aka Jean-Pierre Sluys. Un des rares français às'exporter
aux États Unis, àBrooklyn, là où s'élabore
le dub du prochain millénaire. Ces accointances démontrent qu'il
existe bel et bien une fillière française. En lui ouvrant les
portes de son label, Nicolai donne une dimension internationale à cette
"French Dub Connection". Respect !
[texte: Laurent Diouf aka WTM]
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