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VLADISLAV
DELAY
Bouillon de culture électronique.
Finlandais
d'origine, Vladislav Delay s'est affirmé comme l'un des chefs
de file de la tendance "clicks and cuts". A l'écoute de son dernier album,
"Anima", tout comme les précédents, "Entain" sur Mille Plateaux
et "Multila" sur Chain Reaction, on a vraiment l'impression d'être plongé
dans un court-bouillon électronique, d'être environné de
gargouillis électro-statiques
Une signature qui lui est propre.
Un son. On ne sait trop, finalement, s'il compose ou déstructure une
trame ambient organique en semant quelques bruits parasites, en y injectant
des remous de basses bien synthétiques. Qui plus est, un peu à
la manière de Thomas Brinkmann qu'il côtoie depuis de nombreuses
années, Vladislav Delay se dissimule aussi sous des projets annexes (Luomo,
Uusitalo) pour insuffler un groove à la fois "algorithmique" et
chaotique dans cette soupe primale mais digitale. Entretien.
On a
tendance à dire que ta musique est "organique", es-tu d'accord avec ce
qualificatif ?
Parmi tout ce que j'ai entendu, ce terme est effectivement un de ceux qui
convient le mieux.
Ton nouvel
album, "Anima" renoue avec ce type de texture que tu avais développé
sur "Entain" et "Multila"
Tous ces albums sont des environnements sonores. Le but étant de
générer différentes ambiances à partir d'une idée
et de la faire évoluer librement. Toutes mes compositions intègrent
une bonne part d'improvisations, de "freestyle", mais cet aspect est plus prononcé
dans celles qui sont plus ambient. L'improvisation est certainement l'approche
la plus naturelle de la musique et c'est aussi, il faut bien le dire, la plus
facile à produire.
Qu'en
est-il de des "prototypes" que tu as réalisé, avant, sur Sigma
et Max Ernst (le label de Thomas Brinkmann) ?
Sur Sigma j'ai réalisé deux disques dont "Ele" qui était
justement le prototype de "Entain" avec, malgré tout, quelques petites
différences au niveau des morceaux, du tracklisting. Quant à Conoco
"Kemikoski", c'est des compositions plus anciennes qui étaient déjà
sorties sur des maxis. C'est une orientation beaucoup plus techno que "Multila"
ou "Entain". Ce que j'ai fait chez Max Ernst est dans la lignée de Uusitalo
: dancefloor, tendance house/techno. Mais cela date maintenant de plusieurs
années
Ton nouvel
album, "Amina" semble "attendre" que l'on y rajoute des Bpms pour retrouver
l'ambiance groovy qui prévaut sur Luomo et Uusitalo
Cela a été un long processus pour trouver des rythmiques adéquates
et laisser le groove s'installer avec Luomo et Uusitalo. De ce point de vue,
ces deux projets sont assez proches bien que le tempo soit différent.
Mais je suis content de pouvoir mettre aussi en place des ambiances totalement
dépourvue de rythmes, du moins en apparence
Beaucoup de choses
ont changés et, pour moi, c'est vital de pouvoir diversifier mes productions.
Groovy
et/ou abstraites, tes compositions empruntent aussi largement au dub dans cette
façon d'agencer et de relancer tes séquences, de dispatcher des
bribes de vocaux et d'utiliser de façon presque subliminale de l'écho
Le dub et le jazz sont mes deux principales influences. Mais lorsque je
suis allé en Jamaïque, il y a quelques années, j'ai été
marqué par les aspects caribéens de cette musique à part.
En ce qui me concerne, pour produire de la musique, je pars d'une idée
et je développe les résultats qui me donne satisfaction. Je n'essaie
pas de pas de faire du dub mais je suis admiratif devant cette liberté
et créativité musicale.
Laurent
Diouf
conversation électronique, Avril 2001, publié dans Coda
magazine
Discographie
parcellaire :
Vladislav Delay "Entain" (Mille Plateaux)
Vladislav Delay "Multila" (Chain Reaction)
Vladislav Delay "Anima" (Mille Plateaux)
Luomo "Vocalcity" (Force Tracks)
Uusitalo "Vapaa Muurani" (Force Inc Music Works)
Radio Libertaire,
145 rue Amelot, 75011 Paris. email Wreck
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