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TRIPLE R
une autre sélection
Richard Riley Reinhold alias Triple R est une figure incontournable de la
scène allemande. Basé à Cologne, il préside à
la destinée de Traum Schallplaten où figurent Gustavo Lamas, Fairmont,
Philippe Cam et d'autres artistes que l'on peut découvrir sur la série
Elektronische Musik - Interkontinental. Régulièrement,
il nous gratifie d'un cd-mix qui reflète les productions vinyliques de
son autre label Trapez. Deux structures qu'il pilote en compagnie de Jacqueline
Klein. Sa dernière sélection en date, la quatrième, combine
des titres signés Oliver Hacke (remixé par John Tejada), Patrick
Bäumel, Dominik Eulberg, Jeff Samuel, Swat-Quad, Alex Under vs Alex Smoke,
Ryan Crosson… Soit de la techno minimale mais mélodieuse et très
groovy. Ses activités de producteurs ne l'empêchent pas de tourner
en tant que DJ ni de se distinguer comme journaliste, notamment pour le fameux
magazine De:Bug qu'il a lui-même créé ! Retour sur un parcours
exemplaire.
J'ai commencé le djing en 1984, à Cologne, et un peu plus tard,
en 89, à investir les soirées liées à la musique
électronique sous le nom de Triple R que j'utilise aussi pour
signer mes compilations mixées. Par contre, pour mes propres compositions,
je préfère utiliser mon vrai nom [Riley Reinhold] comme signature.
Mais j'utilise aussi parfois Triple R pour mes productions : ce sera le cas
pour Friends Are Silence, mon prochain LP à paraître en
avril sur MBF.
Ensuite, j'ai fondé mon propre sound system avec Sascha Kösch
(qui est désormais le rédacteur en chef de De:Bug). En
1994, je suis allé à Londres avec lui afin de rencontrer Aphex
Twin et écrire un article sur l'émergence de la scène
breakbeat pour le magazine Spex. J'ai écrit plus de 3500 chroniques
et articles pour ce magazine et, plus tard, pour Frontpage entre 1994
et 1998. C'est sur cette base que j'ai créé De:Bug avec 3 autres
personnes dont Sascha Kösch et Andreas Paulun qui étaient
à Berlin à l'époque. Au départ, le magazine s'appelait
Buzz puis De:Buzz et finalement, suite à un problème
de droit, on l'a rebaptisé Be:Bug.
En jouant dans les premières soirées acid / techno-house, dans
tous les clubs et les endroits illégaux possibles et imaginables, j'ai
acquis une réputation sur Cologne puis bien au-delà. De 1991 à
1993, j'ai fait partie de la première équipe de DJs du label Force
Inc. avec Ian Pooley, Tonka, Thomas P. Heckmann et Alec Empire.
Nous avons joué dans des gros clubs en Suisse et en Autriche. J'ai eu
aussi l'occasion de jouer avec Pan Sonic à Cologne et Berlin.
Et de faire des sets lors des soirées du label Raster-Noton avec
Carsten Nicolai à Berlin et dans d'autres villes. En 1993, je
suis devenu résident au légendaire club Elektro où
se sont produits des gens comme Robert Hood, Dave Clarke, Kotai, etc.
Un peu plus tard, je me suis retrouvé au Panasonic, un autre club
de Berlin puis je suis devenu résident à l'Ego, à
Düsseldorf. C'est un petit club, un des meilleurs d'Allemagne, qui évolue
toujours avec Florian de Krafwerk à sa tête [i.e.
Florian Schneider-Esleben]. J'ai joué aussi dans de nombreux lieux et
grands évènements internationaux comme le Sonar, Mutek,
la Rote Fabrik à Zürich, Arena & Flex en Autriche,
le Batofar à Paris, le Low Club à Madrid, le Motor
à Detroit ou les Paysages Electroniques à Lille par exemple…
Depuis trois ans, je suis résident dans le plus gros club techno de Cologne,
le Sensor Club où sont passés Swayzak, Carl Craig, Daniel
Bell, Thomas Brinkmann, Miss Kittin, Richie Hawtin, Magda, Green Velvet, Alter
Ego, Steve Bug, Luciano, Broker/ Dealer, etc. Entre 2000 et 2001, j'ai aussi
animé ma propre émission sur la web-radio Evosonic <www.evosonics.de>.
Et fait des conférences et des lectures sur la musique électronique
et la scène de Cologne lors de festivals. J'ai également fait
des sets dans les antennes du Goethe Institut en Amérique du Sud
(Buenos Aires, Mexico, Santiago, etc.) et à Bucarest.
J'étais aussi impliqué dans le magasin de disques de Kompakt
pendant sept ans. Une activité que j'ai quitté en 2004 pour me
concentrer sur les labels Traum Schallplatten, Trapez et MBF.
Avec Jacqueline, je passe désormais tout mon temps à développer
ces structures, à produire des disques et signer de nouveaux talents.
Et depuis juin 2005, nous organisons une soirée mensuelle qui s'appelle
MBF Club. MBF existe depuis janvier 2004. C'est une structure destinée
à des productions house et, comme son nom l'indique [i.e. abréviation
de My Best Friends], il s'agit de co-productions avec des amis [feat. Steve
Barnes, Break 3000, Cosmic Sandwich, etc.]. Pour ce label, nous sommes influencés
par la scène electro-house française comme Scratch Massive,
par exemple. Nous avons d'ailleurs de bons contacts à Paris et nous apprécions
Nôze et les gens de Circus Company.
Mais c'est en 1998 que nous avons créé Traum, Jacqueline et moi,
à notre retour de Buenos Aires. Depuis ce temps, le catalogue a évolué
mais c'est toujours un label romantique avec des réalisations assez marquées
conceptuellement comme celle de Dominik Eulberg, par exemple, pour qui
Yvette Klein, notre vidéaste, vient de réaliser "Rave Rabbit".
Une vidéo qui figurera sur le DVD, Slices. Nous venons également
d'ouvrir une agence de booking, Traum Booking, cet hiver.
Par contre, Trapez que nous avons lancé en 2000 avec comme seul
et unique principe d'éditer de la musique qui nous fasse bouger
est plus un label pour DJ. C'est une structure avec laquelle on peut réagir
plus vite que Traum, en particulier avec la section Trapez Ltd qui était
au départ conçue comme un white-label. Dans la plupart des cas,
ce sont les artistes qui nous contactent. Et de temps en temps, je fais une
sélection sur Cd pour en donner un aperçu aux personnes qui ne
peuvent pas acheter tous les maxis.
Laurent Diouf
Article publié
dans Coda #120, mars 2006
Site: www.traumschallplatten.de
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