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STARFISH POOL
l’homme de l’ombre…

Dans la plus grande confidentialité, Starfish Pool génère des ambiances rythmiques "dark-n-deep" qui marqueront notre époque d’une pierre noire.

Illusion Of Move : Chapter Blue, son tout nouvel album estampillé Ant-Zen, arrive en point d’orgue à Kinetic. Cet espèce de puzzle mécanique paru sur Daft Rec. à la suite des inquiètants Rituals For The Dying (Conspiracy Rec.). Rituels d’une beauté ténébreuse qui continuent de nous ensorceller par leurs longues divagations techno-ambient-industrielles. Un disque qui brûle d’un feu intérieur. Une puissance hypnotique comparable à Consumed de Plastikman. Koen Lyabert, alias Starfish Pool, avoue aussi d’autres préférences dans ses playlists : Jeff Mill, Cristian Vogel et les arythmies de Studio 1. Bien que sa musique ne soit pas des plus festive, il a aussi marqué la mémoire ravagée des teknokids avec Off Day; véritable hymne à la joie pour les dancefloors. Sur le plan des textures, Ulf Langheinrich, Zoviet France, Thomas Köner et l’electronic for defence de Nimoy & Unit Moebius semblent avoir ses faveurs. Enfin, Koen Lybaert n’est pas insensible au charme high-tech de Scanner, Aphex Twin, Autechre et Squarepusher tout en appréciant la "substance" low-tech de Porter Ricks et Monolake. Tous ces noms ne constituent pas à proprement parler un faisceau d’influences mais sont les branches d’un même arbre généalogique auquel Starfish Pool se rattache. Sa maison s’appelle Silver Rec. et il y accueille régulièrement des amis de passage : Mark Broom avec qui il collabore sous le nom de Lowground, Unit Moebius via Minion et bien sûr Riou; son alter ego Japonais qui le suit complaisamment dans ses délires weird-breakbeats version Holon. Lumière.

Ton premier album, Chill-Out ‘N Confused, est ambient. Pourquoi ?
En fait, c’était la première partie d’un double album de Starfish Enterprise; formation dans laquelle je jouais à l’époque. Notre musique était basée sur des guitares mises en boucle autour d’une section rythmique et d’une basse. Nous avons sorti un premier disque sur Electrip; une ancienne sous-division de KK Rec. Pour le suivant, nous voulions sortir un double avec une partie assez "noisy" et l’autre plutôt ambient. Mais KK Rec. ne voulait pas de ce concept. Ils nous ont suggéré de scinder ce projet en deux albums distincts et de changer de nom pour le volet ambient. De là est né Starfish Pool que je poursuis depuis lors en solo.

Depuis, tes albums sont orientés techno-indus…
Je ne sais pas trop comment définir ma musique mais une chose est sûr, je me suis toujours senti libre de faire ce que je voulais. J’essai d’explorer des styles différents tout en conservant le son "Starfish Pool". Disons que c’est une musique qui tend à faire danser sur d’étranges sonorités. C’est principalement basé sur un rythme à 4 temps et c’est aussi en grande partie pour cela que j’ai fait beaucoup de lives à un moment donné. J’ai toujours voulu faire des morceaux dancefloors sans renier mes racines underground. C’est cet enracinnement qui explique que le côté industriel soit toujours très prononcé.

De Off Day 21’33" à Rituals For The Dying, tes compositions sont généralement assez longues. Pourquoi un tel format ?
L’idée qui sous-tend Starfish Pool est celle d’un travail sur les loops. Je construis une architecture que j’essaie de manipuler, de mixer aussi longtemps que je sens que le morceau peut évoluer. C’est cette évolution que enregistre. En temps réel. Et avec 24 pistes, ça peut durer longtemps. Comme en plus je compose seul, il n’y a personne pour me dire d’arrêter passé les 5 minutes "réglementaires".

Kinetic est essentiellement "fait" de plusieurs petites pièces. Pourquoi cette différence ?
Les albums Kinetic et Rituals For The Dying sont basés sur les mêmes sources sonores. J’ai réalisé Kinetic juste après avoir fini les Rituals et je tenais à ce qu’il ait une connotation différente. D’autre part, Kinetic a été produit pour Daft Rec. dans un esprit plus commercial que les Rituals parus en édition limitée à 500 exemplaires sur Conspiracy Rec.; label qui vient juste d’être mis en place par un de mes meilleurs amis, Joris.

Comparé à Amplified Tones et Interference 96 par exemple, Dante’s Carnival est plutôt rond et fun. Est-ce une impression ?
Cet album marque la fin de mon contrat avec KK Rec. Il est effectivement plus facile, plus léger que les précédents. Après cela, j’ai mis plus de deux ans avant de retrouver mon son – je me réfère en cela à la séries de maxis et à Amplified Tone qui reflètent mon évolution; les remixes de P.W.O.G. et Dogon étant pour moi le must en la matière; son qui est finalement revenu avec Rituals et Kinetic.

Comment organises tu tes lives ?
Tous mes lives sont improvisés à 80%. De ce fait, cela varie à chaque fois. Il y a juste quelques loops et deux/trois sons de préparés. Le reste dépend de mon inspiration, selon le moment. Sur scène, il est de toute façon impossible de faire la même chose qu’en studio. J’aime vraiment bien programmer en temps réel et je compte sur mon expérience que cela fonctionne lors d’une performance.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ta collaboration avec Riou – qui, comme toi, réalise de la techno-indus acérée – est axé weird-breakbeat. Pourquoi ?
Holon se devait d’être différent. The Total Fuckin’ Revolution Edits nous a permit de voir ce qu’il était possible de faire. Cette année, Riou est resté chez moi trois mois pendant lesquels nous avons travaillé sur de nouveaux morceaux qui sont plus proches de ce que l’on fait habituellement. Moins breakbeat que ce premier disque. Plus abouti. Quelques labels ont déjà fait preuve d’un intérêt pour ce projet. Dans l’immédiat rien est signé mais je souhaite que le nouvel album paraisse bientôt.

Et Minion ?
C’est mon projet fétiche. Jan Duivenvoorden [aka Unit Moebius] et moi sommes très liés. Nous partageons les mêmes points de vues. Au total, nous voulions sortir cinq albums portant chacun sur un style différent. Le premier, The Crash Session , n’a pas eu l’accueil qu’il méritait et on a dû reporter tout cela. Mais je suis sûr qu’un jour on pourra réactiver ce projet et refaire des disques ensemble.

Par l’intermédiaire de ton label Silver Rec, peut-on dire qu’il y a maintenant une connexion entre les personnes qui font de la Real-Music For Abstract-People ?
La plupart de ces connexions existaient avant. Silver Rec. ne fait que leurs attribuer une valeur musicale. Cela me donne l’occasion de concrètiser des projets élaborés avec des amis, de sortir de la musique qui trouve naturellement sa place sur le label. Nous n’avons pas d’objectif commercial et nous prenons vraiment notre temps pour réaliser nos disques. Il y a malgré tout beaucoup d’albums de prêt : un deuxième volume de cette compilation [i.e. Real Music For…] ainsi que Okayama Destruct People, Global Systems Silently Moving Altering The Air, Ra-X / Rude 66 The Split LP et Lowground The Album. Ces disques sont en stand by car nous n’avons pas beaucoup d’assise financière. Nous devons attendre et nous développer tranquillement.

Laurent Diouf
Merci à Koen Lybaert

article publié dans Coda magazine

Discographie initiatique :
Chill Out ‘N Confused (Nova Zembla)
Amplified Tone [CD + LP One/Two] (Nova Zembla)
Restless : EP One (Nova Zembla)
Cool For Lovers EP Two (Nova Zembla)
OffDay Remixes EP Three (Nova Zembla)
Interference 96 (Nova Zembla)
Abstract Number Two EP (Silver Rec.)
Dante’s Carnival (Silver USA)
Starfish Pool Remixed [feat. Riou, Unit Moebius, Mark Broom, etc.] (Silver Rec.)
Rituals For The Dying (Conspiracy Rec.)
Kinetic (Daft Rec.)
Illusions Of Move : chapter blue [LP] (Ant-Zen)
Projets parallèles :
Lowground Sound For Freaks (Silver Rec.)
Minion The Crash Session (Silver Rec.)
Holon The Total Fuckin’ Revolution Edits (Silver Rec.)





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