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RASMUS MØBIUS
l'homme-médecine
Reprenant les ingrédients de Melk (un projet qu'il mène conjointement
avec Anders Christophersen alias Aias), Rasmus Møbius vient de réaliser
son premier album intitulé Medecine Walk qui combine skank et
basse dub, éléments rythmiques hip hop passablement disloqués
et scories électroniques.
Une formule que ce jeune Danois décline dans sa "version"
downtempo et sans le moindre apport vocal (joie !). En apparence,
l'architecture de ses morceaux est chaotique, hésitante.
Limite cliks-n-dub. C'est dans cette incertitude, dans cet interstice
qu'il nous captive. Rasmus Møbius a trouvé le
secret d'une alchimie instable pour générer de
petits mobiles à la fois groovy et abstraits,
animés d'un mouvement reptilien d'une complexité
inattendue.
Alors, quel est le point de départ… ?
En fait, j'ai toujours eu des goûts musicaux très
diversifiés et, jusqu'à ces dernières
années, je m'intéressais majoritairement
à la musique électronique. Lorsque
j'étais plus jeune, tandis que les autres personnes de mon
âge écoutaient Pearl Jam ou Nirvana, j'ai
été happé par des choses plus
rythmées électroniquement. Je me suis
orienté vers des productions drum-n-bass, breakbeat, techno
et hip hop. mais depuis deux / trois ans, j'éprouve un
regain d'intérêt pour le rock, une musique qui
m'ennuyait profondément dans ma jeunesse.
Et comment en es-tu venu à la "bass-music" ?
Il y a quelques années, je me suis m'y aussi à
écouter beaucoup de dub, de rocksteady et de reggae et cela
m'a bien sûr beaucoup influencé dans ma
manière de composer.
Justement, on a aussi l'impression que ton album est un précipité
de toutes ces influences…
Sur cet album, j'ai essayé, en effet, de combiner le tempo, les rythmiques
issues du hip hop avec les textures et le groove du dub. En fait, cet album
était en gestation depuis plusieurs années mais je n'ai pas eu
le temps de la réaliser avant car j'étais pris par mes études
et d'autres projets musicaux. Je suis content du résultat, mais j'ai
déjà hâte de commencer à travailler sur mon prochain
album où je pourrais concrétiser des idées et réaliser
des morceaux que je n'ai pas pu mettre dans Medecine Walk. Mais en tout
état de cause, c'est grand plaisir de voir le fruit de son travail tourner
sur une platine.
Quelque mot sur la scène électronique danoise…
D'une manière générale, la
scène danoise s'est épanouie, au cours des
années précédentes, grâce
à quelques pionniers comme Opiate, Goodiepal et Dubtractor.
Une poignée de labels a également
émergé et le public a commencé de
montrer un intérêt grandissant pour la musique
électronique; d'autant qu'il y a eu de grands noms qui sont
venus se produire ici.
Parles nous aussi un peu de Melk, ton projet avec Anders Christophersen…
Notre objectif, avec Melk, c'était de composer des titres qui soient
à la fois physiques (physical appeal) et qui présentent
toutes les caractéristiques d'une musique d'écoute comme l'electronica.
Tout a commencé quand le label Statler & Waldorf nous a demandé
un track pour Teeth, une compilation hip hop / électronique. Cette
idée nous a plus et d'ailleurs on a repris ce titre ("Hummel"), dans
une version alternative, sur notre album (Sports paru en 2005). Nous
avons eu un bon accueil et beaucoup de chroniques. Et nous sommes en train réfléchir
pour en faire un autre.
Et sur scène, comment ça se passe ?
Mes live sets sont principalement basés sur des nouvelles
compos. Je travaille dessus avant. J'essaie de garder un son neuf,
aussi frais que possible, et j'évite de jouer des anciens
morceaux trop souvent. À l'exception, bien sûr,
des titres que je considère comme étant encore
d'actualité. En ce moment, j'essaie surtout de trouver de
nouvelles manière de jouer parce que je commence un peu
à me fatiguer de la façon dont je mène
mes live-acts.
Pour conclure, quels sont tes projets immédiats ?
En ce moment, je travaille sur un projet techno, avec un musicien qui est mon
complice depuis longtemps, et j'ai commencé un groupe rock avec un ami
qui est, par ailleurs, réalisateur de film. D'autre part, je travaille
sur un album electronica avec un collaborateur de longue date avec qui j'avais
fait un morceau pour la compilation Teeth sous le nom de Brus.
Laurent Diouf
Article publié
dans Coda #124, juillet-août 2006
Rasmus Møbius, Medecine Walk (Statler & Waldorf)
Site: www.statler-waldorf.dk
Playlist:
Kit Clayton, Casting Nets (Plug Research)
Neil Young, Guitar Solo 5 (Vapor Records)
Richie Hawtin, Orange (Minus)
Dr. Dre, Still D.R.E. - Interscope (Universal)
Pole, I Can't Hear, (Mute Records)
GZA, Killah Hills 10304 (Geffen Records)
My Bloody Valentine, When You Sleep (Sire/London/Rhino)
Horace Andy, Serious Thing (Bullwackies)
The Upsetters, Red Hot (Trojan)
Rhythm & Sound, No Partial (Rhythm & Sound)
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This Mess / Paris