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PASCAL F.E.O.S.
F.rom the E.ssence O.f minimalistic S.ound

Pascal F.E.O.S. est une figure tutélaire du djing. Cela va faire vingt ans — oui, vous avez bien lu, 20 ans ! — qu'il jongle avec des platines. Un anniversaire qu'il devrait fêter prochainement avec la publication d'un coffret de 4 Cds regroupant un best-of de ses compositions, remixes, collaborations et morceaux favoris. Et cela fait aussi plus d'une décennie qu'il s'investit, en parallèle à ses activités en tant que DJ, comme producteur au sein de nombreuses structures.

Bien sûr, au début, Pascal Dardoufas a commencé par mixer de l'EBM (Electronic Body Music) et la house de Chicago avant de découvrir, plus tard, la techno de Detroit. La suite appartient déjà à l'histoire. Il a en effet saisi l'essence de la hard-house et s'est fait ambassadeur d'une techno trancey efficace et festive. Pascal F.E.O.S. s'est forgé une solide réputation avec des prestations implacables. J'aime faire des sets qui durent longtemps. En général, cela varie de 3 à 6 heures. Avec différents styles. En ce moment, je joue des choses plutôt techhouse, electro clash ainsi que la Detroit, de la tech tribal et de la hard techno. Cette année, j'ai joué dans plus d'une dizaine de pays devant un public enthousiaste : la communauté techno est toujours vivante même si elle est un peu moins importante que par le passé. Mais n'allez pas croire que Pascal F.E.O.S. est un intégriste rivé sur ses vinyls, il utilise aussi le numérique à l'égal des "digital-djs". Durant mes sets, j'emploie aussi un sampler, un rack d'effets et des platines cd. Cela permet de donner une touche personnelle au mix. Ainsi, durant ma tournée mondiale, j'ai également utiliser mon ordinateur pour mixer et ajouter, live, des sons avec ceux de vinyls et de cds.

Sa discographie, impressionnante, témoigne de son itinéaire historique. En particulier, les références issues de ses projets nés d'une collaboration. Le premier d'entre eux étant Resistance D, qu'il met en place avec Maik Maurice (Diehl) à l'aube des années 90s. C'est la glorieuse période Harthouse (Marco Zaffarano, Spicelab, Alter Ego, etc.) symbolisée "essentiellement" par deux albums, Ztrings Of Life (qui fera même l'objet d'une réédition) et Inexaustibility, couronnant une floppée de maxis et de remixes. Autre projet lié à cette époque pionnière, Sonic Infusion; premiere production chez Eye Q (Sven Väth). Tout comme pour Resistance D, Pascal F.E.O.S. maintient cette formation en vie en sortant occasionnelement de nouveaux opus sur son propre label, Planet Vision. Le dernier en date, en ce qui concerne Sonic Infusion, étant Reformatted. Mais Pascal F.E.O.S. pilote également d'autres labels comme Phono Elements — une officine d'obédience tech-house dont on a eu récemment un excellent aperçu au travers d'un cd-mix conçu par Christian Linder — ainsi que PV Records, qu'il qualifie de tool oriented (i.e. pour les DJs). Créé en 97, cette extension autonome de Planet Vision se veut le reflet de productions techno plus minimalistes et aligne des maxis signés Chris Zander, DJ Pierre, Insect Jazz, M/S/O, Molecular, Paul Brtschitsch, Ricardo Villalobos… Et c'est naturellement sur cette structure qu'il a sorti son 1er album solo, From The Essence Of MInimalistic Sound.

Ayant visiblement un emploi du temps chargé, Pascal F.E.O.S. a seulement donné une suite à cet opus il y a quelques mois, avec un digipack intitulé Self Reflexion que nous chroniquions alors en ces termes: flirtant parfois avec la house ("Self reflexion" et "XLR-8", un peu limite…), le plus souvent tribal (l'implacable "Loosin' America" qui doit résonner jusqu'à Bagdad…) et surtout deep-tek ("A split second" / "Flashed back"), cette sélection est des plus galvanisante. On retiendra aussi des passages à la fois secs et exaltés ("Audiophonie" / "React again (R.T. style)" à écouter dans des conditions optimales… Explication de Pascal F.E.O.S. himself: c'est une sorte de rétrospective de mes années de djing qui met, par exemple, en exergue le son qui m'inspirait à l'origine et qui souligne aussi l'importance qu'a eue pour moi, encore une fois, le son de Détroit et Chicago. J'ai aussi prévu de sortir bientôt des remixes cet album par des artistes tel que Alexander Kowalski, Steve BugEt là, je viens juste de réaliser Rize & Fall, une compilation mixée pour Cocoon (feat. Luciano, Agoria, Villalobos, DK 7, Azure Taint, etc.).

L'engagement de Pascal F.E.O.S. ne s'arrête pas là. Il est également co-fondateur avec Alex Azary et Gabriel Le Mar du fameux label Elektrolux, connu pour ses ambiances lumineuses et son electronica mélodieuse. A ce jour, le catalogue compte plus de 130 références et s'est enrichi d'une sous-division dévolue à ce qu'il est convenu d'appeler le "nu-elekro", Mikrolux désormais bien implanté. Ensemble, ils réalisent aussi des albums sous le nom d'Aural Float (Introspectives). Un pseudo sous lequel Pascal F.E.O.S., Alex Azary et Gabriel Le Mar sélectionnent la B.O. ambient-electronic de la série Space Nights. Un programme télé qui diffuse, la nuit, des images captées lors des missions spatiales… Ils semblent d'ailleurs avoir définitivement investi ce média : nous avons maintenant aussi une émission quotidienne qui s'appelle FlowMotion, sur une chaîne allemande, où nous montrons nos nouveaux clips. Enfin, Aural Float lui a permis également de se frotter à la bass-music et, apparemment, il n'est pas exclu qu'il renouvelle l'expérience: hum, oui, ça serait une bonne idée de refaire à nouveau un peu de dub.

propos recueillis par Laurent Diouf
Article publié dans MCD #16, avril 2004

site: www.pascalfeos.com
playlist:
01. Tim Xavier, Theater of sound (PV Records - promo)
02. Richard Davis, Bring me closer (240 Volt )
03. Agoria, Spinach girl (PIAS)
04. Plastikman, Disconnect (NovaMute)
05. Defender 002
06. Dub Cult, Stop the world (ARC - 001)
07. Alpharis, Club trax EP (Paul Mac rework) (Wet - 018)
08.Hardfloor (promo)
09. V/A, Mikrocodes one (Mikrolux - 007)
10. Droid Inc, Dirty neonlights (PV - 065)





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