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Musiques Électroniques…
Bon, par où commencer. Peut-être par une petite explication de texte…
Ce que l'on appelle de nos jours "electronic-music" par excès de jeunisme n'a évidemment rien à voir avec "La" musique électronique; celle qui se veut savante (Ircam, G.R.M.) et lointaine descendante de la musique dite "classique".
Affiliée à la musique concrète et électro-acoustique, cette "version" électronique de la "grande" musique n'a vraiment pas les mêmes racines, ni la même culture, que la muzak pour Samedi soir. N'en déplaise aux thuriféraires de Pierre Henry que le maestro a fini d'ailleurs par remettre vertement en place…
Le jerk électronique est un divertissement qui peut servir de musique de film ("Z") mais la symphonie de l'Apocalypse est une œuvre sérieuse…
Les musiques "savantes" et les musiques "populaires". Première ligne de front… Les musiques noires et les musiques blanches. Deuxième ligne de front. Les musiques pour danser et les musiques pour rêver. Troisième ligne de front. Les musiques qui font sens et les musiques qui sont un non-sens. Quatrième ligne de front. Etc.
Nous n'avons pas dépassé le stade anal : Daft Punk, c'est vraiment de la merde !
La musique est une bannière qui fonctionne comme un cri de ralliement.
La musique sépare, oppose des tribus. Des clans.
Qui s'assemble, se ressemble. Air connu…
Si tu n'entres pas dans la danse, tu es contre nous…
La musique n'adoucit pas les mœurs, elle les exacerbe.
Il n'y a pas de "génération" techno car la musique est trans-générationnelle et ne s'adresse qu'aux individus : seul l'Un existe (Steiner).
Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. La musique véhicule ou, à défaut, accompagne une "sous" ou "contre" culture, peu importe, mais une culture particulière, que l'on épouse ou que l'on rejette. Une logique identitaire.
De l'ethnocentrisme en milieu musical. World-music ou les musiques du "monde"; "sous-entendu" non-occidental…
Le partage des magies n'est pas rationnel… De ce point de vue, tout métissage est illusoire même si de nombreux styles musicaux sont le fruit de courants différents.
L'histoire de la musique fonctionne par ruptures qui donnent l'illusion d'une continuité.
Le meurtre du Père : l'indus signe l'arrêt de mort du rock "pompier", dit "progressif", et ouvre la voie aux manipulations sonores extrêmes qui rejaillissent dans l'electronic-music.
La mère de toutes les batailles : le dub anticipe l'ère du remix et pose les bases des manipulations instru-mentales (effets, etc) qui sont désormais à l'œuvre dans toutes les productions musicales actuelles. Pulsations symbiotiques…
L'œil de Caïn : l'ambient, en particulier dans sa version dark et névrosé, renoue avec les descentes aux enfers psychanalytiques. Instru-mental.
Les moutons de Panurge : techno ou le néo-tribalisme électronique… Miroir inversé ou miroir aux alouettes ?
Le cheval de Troie : jungle / drum-n-bass ou la fin de la dictature du binaire. One step beyond…
La musique non plus n'est pas une marchandise.
Cessons de régresser (de la house au trip hop : l'horreur vocalistique)
Ne soyons plus du gibier (promo régurgitée par des pseudo-journalistes, virgin-mega-fnac, etc)
Redevenons des chasseurs (e-zine, radio libre, etc)

WTM-Paris aka Laurent Diouf
billet d'humeur publié sur le site novaplanet.com en 2001





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