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Musiques
Électroniques
Bon, par où commencer. Peut-être par une petite explication
de texte
Ce que l'on appelle de nos jours "electronic-music" par excès de jeunisme
n'a évidemment rien à voir avec "La" musique électronique;
celle qui se veut savante (Ircam, G.R.M.) et lointaine descendante de la musique
dite "classique".
Affiliée à la musique concrète et électro-acoustique,
cette "version" électronique de la "grande" musique n'a vraiment pas
les mêmes racines, ni la même culture, que la muzak pour Samedi
soir. N'en déplaise aux thuriféraires de Pierre Henry que le maestro
a fini d'ailleurs par remettre vertement en place
Le jerk électronique est un divertissement qui peut servir de musique
de film ("Z") mais la symphonie de l'Apocalypse est une uvre sérieuse
Les musiques "savantes" et les musiques "populaires". Première ligne
de front
Les musiques noires et les musiques blanches. Deuxième
ligne de front. Les musiques pour danser et les musiques pour rêver. Troisième
ligne de front. Les musiques qui font sens et les musiques qui sont un non-sens.
Quatrième ligne de front. Etc.
Nous n'avons pas dépassé le stade anal : Daft Punk, c'est vraiment
de la merde !
La musique est une bannière qui fonctionne comme un cri de ralliement.
La musique sépare, oppose des tribus. Des clans.
Qui s'assemble, se ressemble. Air connu
Si tu n'entres pas dans la danse, tu es contre nous
La musique n'adoucit pas les murs, elle les exacerbe.
Il n'y a pas de "génération" techno car la musique est trans-générationnelle
et ne s'adresse qu'aux individus : seul l'Un existe (Steiner).
Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. La musique véhicule
ou, à défaut, accompagne une "sous" ou "contre" culture, peu importe,
mais une culture particulière, que l'on épouse ou que l'on rejette.
Une logique identitaire.
De l'ethnocentrisme en milieu musical. World-music ou les musiques du "monde";
"sous-entendu" non-occidental
Le partage des magies n'est pas rationnel
De ce point de vue, tout métissage
est illusoire même si de nombreux styles musicaux sont le fruit de courants
différents.
L'histoire de la musique fonctionne par ruptures qui donnent l'illusion d'une
continuité.
Le meurtre du Père : l'indus signe l'arrêt de mort du rock "pompier",
dit "progressif", et ouvre la voie aux manipulations sonores extrêmes
qui rejaillissent dans l'electronic-music.
La mère de toutes les batailles : le dub anticipe l'ère du remix
et pose les bases des manipulations instru-mentales (effets, etc) qui sont désormais
à l'uvre dans toutes les productions musicales actuelles. Pulsations
symbiotiques
L'il de Caïn : l'ambient, en particulier dans sa version dark et
névrosé, renoue avec les descentes aux enfers psychanalytiques.
Instru-mental.
Les moutons de Panurge : techno ou le néo-tribalisme électronique
Miroir inversé ou miroir aux alouettes ?
Le cheval de Troie : jungle / drum-n-bass ou la fin de la dictature du binaire.
One step beyond
La musique non plus n'est pas une marchandise.
Cessons de régresser (de la house au trip hop : l'horreur vocalistique)
Ne soyons plus du gibier (promo régurgitée par des pseudo-journalistes,
virgin-mega-fnac, etc)
Redevenons des chasseurs (e-zine, radio libre, etc)
WTM-Paris
aka Laurent Diouf
billet d'humeur publié sur le site novaplanet.com en 2001
Radio Libertaire, 145 rue Amelot, 75011 Paris. email Wreck This Mess