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MERZBOX, la boîte noire…

Au départ, l'idée est simple : pour fêter les dix ans d'Extreme, Roger Richard souhaite mettre l'accent sur les artistes qui l'ont accompagné durant l'épopée de son label. Concrètement, il veut rééditer des albums devenus introuvables et de les agrémenter de titres inédits, de documents biographiques et d'une iconographie conséquente. Jusqu'ici, rien de démesuré. Nous sommes encore sur un format classique, celui d'un coffret. Là où ça se complique, c'est lorsque que l'on aborde le travail de MERZBOW dans sa totalité. Une œuvre pléthorique (plus d'une centaine d'albums sur deux décennies) et protéiforme (outre le bruit comme forme ultime de la musique, Masima Akita s'intéresse aussi, comme chacun sait, à l'architecture moderne japonaise d'avant-guerre et, bien sûr, au bondage). À vouloir englober tous les aspects de ces activités, Roger Richard et ses fidèles servants ont finalement passé des années pour être à la fois exhaustif et synthétique. C'est ainsi qu'est née la "Merzbox", un anti-DJ bag qui contient :

Cinquante CDs – oui, vous avez bien lu, 50 – qui retracent les frasques bruitistes de Merzbow de 1979 à 1997 (date à laquelle ce projet fut arrêté). Ces compact-discs étant présentés dans un classeur, histoire de réduire le volume que prennent les boîtiers classiques. Cette discothèque portable regroupe notamment des réalisations qui étaient sorties confidentiellement sur cassettes. Près de la moitié, 20 très précisément, sont inédits.

Un livre retraçant l'itinéraire de Merzbow. Cet ouvrage se présente un peu comme un catalogue d'exposition (132 pages et pratiquement autant d'illustrations couleurs). Outre des indications concernant chacun des 50 disques, il y figure de nombreux articles dont une biographie signée par Brett Woodward ainsi que des contributions d'Achim Wollscheid, Jim O'Rourke, Damion Romero et Eugene Thacker qui s'interroge, pour sa part, sur les relations ambiguës qui relient la sauvagerie sonore dont fait preuve Merzbow à "l'extrême" raffinement de l'érotisme nippon.

Un CD-Rom, compatible PC / Mac, élaboré par un certain Troy Innocent. Au programme un supplément d'info interactif comme il se doit. Soit, entre autres, une interview, un live filmé à Melbourne, un inventaire discographique aussi complet que possible, des vidéos, des loops et autres éléments sonores pour jouer les "noise-makers" et, le must, une sorte de kaléidoscope ou plutôt de "chaoscope" musical et imagé. Un patchwork audio-visuel "composé" à partir d'éléments fragmentés, déstructurés puis restructurés pour ne pas dépareiller avec l'art du maestro…

De la verroterie pour trainspotters invétérés. A savoir une série de six cartes postales pour renouer avec le mail-art, des autocollants, un poster "métallique" ainsi qu'un médaillon plaqué argent dont l'utilité nous échappe à la différence du superbe sweet-shirt très coloré également offert aux fervents adeptes qui achèteront cet objet-collector pour la modique somme de… 500 Dollars US.

Tirage limité à 1000 exemplaires. Règlement sécurisé par carte sur le site d'Extreme pour les plus fortunés. Pour les virements bancaires, s'adresser à Extreme. Les flambeurs peuvent envoyer du cash; à leurs risques et périls… Des facilités et/ou échelonnements de paiement sont bien sûr possibles. Des récépissés sont fournis pour toutes commandes et/ou réservations; sous réserve de fournir une adresse postale personnelle. L'envoi, en recommandé, est couvert par une assurance. Ces frais sont compris dans le prix qui, compte tenu de la nature du "produit", n'est finalement pas si élevé que ça. Chacun peut aussi, dans son pays respectif, se renseigner dans les boutiques et les structures de V.P.C. spécialisées en musiques déviantes…

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Laurent Diouf (online sur Hypertunez.com en 2000)



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