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MINIMAL DANCIN : maximum feeling

Les soirées Minimal Dancin sont des valeurs sûres dans le circuit tech-house. Benjamin Wild, P.Toile, Sascha Funke, Stewart Walker, Jeff Samuel et John Tejada ont notamment répondu à l'appel de PHIL STUMPF qui pilote ce rendez-vous en compagnie de Sam Rouanet, son complice sur le projet Duplex 100. Il répond à nos questions à l'occasion du 5ème anniversaire de cet évènement.

L'Allemagne reste la Mecque de la scène minimale. Pourtant, tu as choisi de t'installer à Paris…
Par passion. Parce que j´ai toujours aimé cette ville et que je voulais aussi y faire mes études de médecine. Sur le plan musical, je préfère aller mixer de temps en temps à Berlin plutôt que d´y habiter et me retrouver parmi des milliers de DJs sans pouvoir jouer souvent. En plus, à Paris, j´ai eu la chance d'être partie prenante dans l'évolution de la scène minimal-house, très active et dynamique depuis cinq ans. On a créé quelque chose et j´en suis très fier ! Lorsque j´ai rencontré Sam Rouanet en 1998, on a commencé tout de suite à faire de la musique, à monter des projets et des soirées ensemble. Et c'est exactement ça que je cherchais.

Comment s'est mis en place Minimal Dancin ?
Quand Sam et moi avons commencé la soirée, en octobre 2001, c´était la première et unique soirée purement minimal-house à Paris. Cinquante éditions et 5 ans plus tard, Minimal Dancinfonctionne toujours très bien et les gens ont l´air de s´amuser. Notre idée, c'est d´inviter de nouveaux talents avant qu´ils ne soient connus. Du coup, pas mal d´artistes ont fait leur première apparition à Paris dans nos soirées: T.Raumschmiere, The Modernist, Gebr. Teichmann, Metro Area, Roman Fluegel, Jeff Samuel ou plus récemment Trentemøller

Et l'ambiance ?
Le Nouveau Casino est le cadre parfait. On a quasiment inauguré le club en tant que DJs en 2001 et c´est devenu une sorte de "home", de résidence. La taille et la qualité acoustique de l'endroit conviennent bien à notre son. Et puis l´équipe du Nouveau Casino est extrêmement sympathique. Je les remercie beaucoup de leur soutien et de leur confiance totale. Le public est fidèle : on sent qu´il y a maintenant beaucoup de gens qui connaissent la soirée et font confiance à la programmation, même si les invités ne sont pas des grandes stars.

Et tes sets…?
Faire danser du monde en plein milieu d´une soirée est tout simplement une sensation sublime. Et je me retrouve souvent en train de danser comme tout le monde ! Pour moi, il est important de communiquer avec le public car il n´y a rien de moins intéressant qu´un DJ qui ne bouge pas et ne regarde que ses disques.

Quel est ton meilleur souvenir de Minimal Dancin ?
Aïe aïe aïe, il y en a trop ! Par exemple, je me souviens très bien d´une des premières soirées quand on a invité The Modernist. L´ambiance était magnifique. On est devenu amis et, quelques semaines plus tard, il a signé notre tout premier maxi sur son label, Popular Tools ! Et puis je pense aussi aux performances mythiques de T.Raumschmiere, Roman Fluegel, Aril Brikha et John Tejada. Et de manière plus générale, à chaque fois, j´adore le moment où l'on reprend les platines vers 4h du matin… Il fait chaud, il y a un vrai buzz dans la salle et tout le monde est à fond ! Parfois ça me donne la chair de poule…

Hors Minimal Dancin, comment envisages-tu une soirée idéale ?
Plein d´amis, dehors, au soleil… Tout le monde relax. Une pure qualité de son. Des artistes motivés et positifs. Good vibes, pas de prises de tête… En fait, je suis en train de penser à une fête au Brésil où j´ai joué l´année dernière ;-)

Justement, tu as joué dans pas mal d'endroits. Est-ce que tu fais un distinguo au niveau du public, selon le pays ?
Bien évidemment, et sans vouloir trop critiquer, je trouve le public allemand et français relativement blasé par rapport aux clubbers de l'Europe de l´Est ou d'Amérique du Sud. A mon avis, les meilleurs fêtes de ces dernières années ont eu lieu en Russie, en Argentine et au Brésil. Il y en a moins mais du coup les gens sont vraiment motivés à chaque occasion. Le problème en Europe de l'Est, c'est que la plupart des clubs ont fait le tour au niveau artistique et ont maintenant du mal à trouver de nouveaux formats de soirées.

Est-ce que tu envisages de sortir un album ou un cd-mix par exemple ?
Pas dans l'immédiat. Après quelques années très intensives en termes de sorties (une quinzaine de maxis l'année dernière), il y en aura un peu moins dans les mois qui viennent, à la fois parce que j´ai envie d´évoluer musicalement et parce que ce n´est pas évident de trouver le temps avec mon travail, à coté, comme médecin.

Quelques mots sur la tournée Deutsch+Minimal…
J´ai monté le projet "Deutsch+Minimal" avec le Goethe Institut parce que cette institution culturelle cherchait à soutenir la minimal-house allemande à l´étranger. Du coup, j'ai organisé une tournée de 8 dates en France, en Espagne et au Portugal avec Thomas Brinkmann, Matthias Tanzmann ou Antonelli Electr. !

Quels sont les autres projets dans lesquels tu es impliqué ?
A part mon travail en solo et Duplex 100, il y a aussi le groupe Canvas(avec Sam Rouanet et James Sindatry). C'est "jazz électronique". Pas du tout dancefloor mais plutôt "musique de dimanche soir", chaleureuse et mélodieuse: contrebasse, piano Rhodes, guitare, trompette… C´est notre vrai bébé. On vient de finir le 2ème album qui sortira prochainement. C´est peut-être la musique dont je suis la plus fier.

Laurent Diouf (article publié dans MCD #38, janv./fév. 2007)

Site: www.phil-stumpf.com
Minimal Dancin: www.minimaldancin.com





Laurent Diouf @ WTM-Paris