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ITALIC : l'anti-establishment entre dans la danse
Basé à Cologne, qui semble être
décidément un vivier inépuisable pour les musiques électroniques,
le label Italic s'est affirmé en quelques années au travers
d'une bonne trentaine de productions. Des réalisations portées
pour la plupart par une tonalité ludique et anti-conformiste. En clair,
un style résolument "techno-clubby" qui trouve son achèvement
dans la récente parution de l'album d'A Rocket In Dub, If the music
could talk . Cet opus nous a donné
envie d'en savoir un peu plus sur cette structure pilotée par Mark
Knauer.
Influencé par la scène de Manchester
et Factory Records, Mark Knauer
avoue avoir conçu Italic
en 1999 comme une plateforme dévolue à
la musique digitale. Et, en particulier, pour essayer orienter la techno,
ou plutôt la "dance-music répétitive" vers la
pop
Ces trois termes définissent d'ailleurs la philosophie
du label. Le qualificatif "pop" désignant l'attitude hédoniste
du label. "Dance" affirmant notre appartenance à la tribu
"club/techno/disco". Quant à "digital", cela signifie
la musique d'aujourd'hui par opposition aux courants rétro et old school
qui sévissent actuellement.
Cet aspect festif s'incarne sous la forme d'une animation
flash lorsque l'on se connecte sur le site d'Italic : virant au rose
tyrien, la page d'accueil s'orne de la silhouette d'une club-babe, symbolisée
par des pixels agrandis, qui se trémousse sur un tempo clubby
Si l'on retrouve cette pixelisation des images
sur certaines références, en particulier sur la compilation
Dancer, il faut néanmoins préciser
que cette sonorité n'est pas dominante pour autant,
ou du moins, qu'elle ne reflète pas l'ensemble du spectre musical d'Italic.
Ce n'est qu'une couleur parmi d'autres
comme le prouvent les différents projets de Stefan
Schwander, artiste-phare du label et
ami intime de Mark Knauer, plus connu sous
les noms d'Antonelli Electr.
et A Rocket In Dub. Ainsi,
au gré ses pseudos, armé d'un sequencer et d'une boîte
à rythme,
Stefan Schwander distille de la "
minimal house" peuplée de vocoder, de la
techno métronomique teintée d'électro ou des variations
instrumentales très "click-n-dub". Cette palette musicale
se prolongeant pour chacune de ces réalisations ou performances d'une
interprétation visuelle particulière
(lumière noire, vidéo, pochette, etc.).
Autour de Mark
Knauer et Stefan Schwander gravite aussi une petite
équipe de musiciens qui contribuent à la richesse sonore et
au développement du label. Italic accueille ainsi notamment April,
le projet très housey (clavier, claps-hand
) d'Andreas Reihse
qui s'illustre par ailleurs de manière plus "séquentielle
et introspective" au sein de Binford
en compagnie de Detlef Weinrich. Dans cette veine dancefloor, on mentionnera aussi Automatique, la bien nommée réunion des DJ-producteurs
Harre Kühnast et Henry Stamerjohahn.
Autre duo, celui formé par Daniel Varga
et Frank Wössner aka Borneo
& Sporenburg qui ont opté
pour une orientation délibérément techno-pop. En solo,
Daniel Varga se la joue par contre plus deep-house sous le nom de Soda.
D'autres collaborations
viennent encore élargir cette gamme et tisser des liens avec d'autres
structures. Italic a ainsi édité Strobocop
, un dj-mix sur
Cd de Thorsten Lütz, le label-manager
de Karaoke Kalk (Kandis, Senking,
Fumble, Pluramon, Kuchen & Mapstation, etc.). Parmi les prochaines sorties,
on notera le retour de Little Annie
, l'ex-égérie de Crass qui fit partie
de l'écurie du dub-master Adrian Sherwood (On-U Sound). Le mystère
plane sur cet album attendu qui a été composé avec The
Legally Jammin' style='font-weight:
normal'>; c'est-à-dire Khan,
Jendreiko, Jammin'
Unit et son ami Kid Congo Powers
! Une dreamteam au service d'un opus qui devrait
mélanger techno-pop, electronic-dub,
no-wave disco et spoken-words ! Et ce n'est pas tout
Depuis l'hiver
2000, Italic s'est rapproché de The Popular Organization
(un label également
situé à Cologne où émargent Duplex 100 et The
Modernist ) pour fonder IPC
, Italic Popular Cooperation. Cette alliance est à
l'origine de Pop Up, une nouvelle plateforme
(3 maxis à ce jour) placé sous l'égide
de J. Burger (alias The Modernist
et Antonelli Electr., ainsi qu'une soirée éponyme
où ils se produisent en live entre les dj-sets de Superpitcher
(Kompakt) et Ralph Christoph
(Büro Wasserdicht) ! Enfin, en novembre
2003 aura lieu le lancement par Italic d'une nouvelle série de maxis
intitulée "anti-establishment" qui doit regrouper des collectifs
(labels, artistes) techno-electronic de différentes villes. À
suivre
propos recueillis parLaurent Diouf
Article publié dans Coda magazine en Octobre 2003
références:
A Rocket In Dub
, If the music could talk
Dancer,
(v/a feat. Antonelli Electr., Soda, Borneo & Sporenburg)
Antonelli Electr.
feat. Miss Kittin,
The vogue remixes by Steve Bug, M. Mayer,
Farben
(12")
Strobocop
, (DJ mix / cd)
Little Annie & The Legally Jammin',
feat. Khan, Jendreiko, Jammin' Unit + Kid Congo Powers
contact:
Italic, Roonstrasse 61, 50674 Cologne, Allemagne
email: welcome@italic.de
site: www.italic.de
playlist:
01. Pet Shop Boys, Being boring
(EMI)
02. The Modernist, Heroes in wool
(Popular Organization)
03. Section 25, Looking from a hilltop
(Factory)
04. Chloé, I hate dancing
(Karat)
05. Benjamin Diamond, Solitaire
(Diamond traxx)
06. Justin Timberlake, Rock your body
(Jive)
07. Adonis, No way back
(Trax records)
08. Isolée, I owe you
(Playhouse)
09. Roxy Music, More than this
(Polydor)
10. The Fun Boy Three, Our lips are sealed
(Chrysalis)
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