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DANIEL METEO
soul city dub

Le reggae-dub des années 70s et toutes les musiques électroniques qui fleurissent à Berlin : tel est l'horizon musical de Daniel Meteo qui a grandi à Essen, dans la Ruhr, en Allemagne. Dans ce décor post-industriel, il a commencé par intégrer des groupes en tant que bassiste et guitariste avant de découvrir la techno groovy et soul qui se faisait entendre depuis Detroit. Theo Parrish l'a ainsi profondément influencé. Mais des riffs de guitare se font encore entendre sur son premier album solo, Peruments, également pétri de broken-beats et d'electronica dubby. Un opus à la confluence de plusieurs styles, électrique et riche, comme sa playlist où figure, en tête de liste, Dabrye avec Two/Three sur Ghostly int., suivit de Das Bierbeben, Elastic Headz, Sugar Minott, Ark… Entretien.


Pour définir ton orientation musicale actuelle, tu parles de soul city dub. Quelque mot sur cette terminologie…
C'est une façon de nommer des influences croisées : une musique urbaine (city music), digitale, dubby, house et soulful. En ce qui concerne le dub, c'est avant tout une procédure de production, essentiellement basée sur un riddim et qui focalise sur les éléments manquants…

Cette approche multi-directionnelle se retrouve dans ton album…
Peruments combine plusieurs idées, différents styles et textures : house, dub, electronica, guitare et abstraction. Et comme j'ai un son assez caractéristique, tout cela fonctionne bien ensemble. Je tiens à préciser que je n'utilise pas de samples : les parties comportant de la guitare sont bien jouées sur un instrument puis combinées avec des patterns de synthés (VST) et des rythmiques électroniques sur mon Mac.

Pourquoi n'as-tu pas sorti un album solo auparavant ?
Peut-être parce que ça me faisait peur et que j'étais également trop occupé pour cela… ou peut être aussi parce que j'ai toujours travaillé avec d'autres personnes jusqu'à présent…

Justement, où tu en es avec Bus, le projet mené avec Tom Thiel sur ~Scape ?
On a fait un petit break, le temps que je me consacre à mon travail solo et que Tom Thiel relance Sun Electric… Nous jouons au Sonar, en juin, et après nous allons voir quand et comment nous allons pouvoir retravailler en studio. Un nouveau morceau est déjà programmé sur une compilation à paraître sur Meteosound. C'est un instrumental avec plus de kicks et qui tourne à 118 bpm. Peut-être que le prochain album ira dans cette direction… ou pas ! En fait, nous avons du temps pour composer beaucoup et faire notre choix après.

Puisque tu mentionnais cette future compilation à paraître sur Meteosound, peux-tu nous esquisser la ligne artistique de ton label et nous parler de ce rapprochement avec Shitkatapult ?
Dès le départ, nous avons partagé les mêmes bureaux, pour le booking et le label. Nous sommes ensemble depuis plusieurs années et, à ce stade, soit j'arrête Meteosound, soit j'intègre complètement Shitkatapult. C'est cette option qui est actuellement à l'essai. En ce qui concerne la ligne éditoriale, disons que cela devient un peu plus abstrait, plus electronica mais également plus house. Encore une fois, j'aime bien cette idée de soul dub city. Les prochaines sorties seront des maxis qui regrouperont des artistes comme Echo Depth Finders, DCC w/ Rammellzee et des nouveaux morceaux de Bus et moi-même. Ces productions préfigureront la prochaine — et troisième — compilation de la série Meteosound presents qui dressera une sorte d'état des lieux de la scène dub-electronic actuelle.

À ce propos, qu'en est-il, aujourd'hui, de la fameuse scène dub électronique allemande ?

Puuuuuh… y en a-il une, d'abord ? D'une manière ou d'une autre, je suis lié à la scène électronique de Berlin et à ses clubs. Mais ce n'est pas évident… La techno minimale règne mais la soul et des choses plus deep reviennent. Et j'y reviens également. C'est aussi le moyen de défendre des choses plus authentiques dans la scène dub européenne. J'aime bien le reggae-dub mais je n'ai pas entendu grand chose de surprenant, ces derniers temps, en provenance de Jamaïque… Au final, je conserve toujours mes bonnes vieilles connections avec Select Cuts et Echo Beach, le Dub Club à Vienne, Manasseh, Rootsman…

Et Ocean Club ?
Le collectif Ocean Club réunit autour de Thomas Fehlman des artistes comme Gudrun Gut [Monika Enterprise], Chica Paula… En termes d'évènements, c'est un peu calme ces temps mais il y a toujours l'émission de radio, toutes les semaines, auxquelles je participe en faisant des DJ-sets. Et j'apprécie cette activité.

Pour finir, quelques mots sur tes live-sets…

Je commence seulement à faire des lives et j'aime vraiment bien ça. C'est mon principal objectif pour le moment. Je mets avant le côté house de l'album puisque c'est ce que demande les clubbers et, heureusement, tout le monde semble avoir apprécier ces premières performances. Au passage, j'espère être invité bientôt en France. Au niveau de mes DJ Sets, par contre, je suis très éclectique et mes sélections dépendent, bien sûr, de l'endroit, du public, de l'heure. Je joue beaucoup des productions de Shitkatapult. Mais en radio, je passe surtout du hip hop instrumental, du dub et ce genre de choses… J'aime bien changer.

Laurent Diouf
Article publié dans Coda #123, juin 2006

Daniel Meteo, Peruments (Meteosound / Shitkatapult)
site: www.meteosound.net





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