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DEADBEAT : clicks-n-dub
Basé à Montréal, Scott Monteith aka Deadbeat œuvre dans le circuit canadien de la musique électronique depuis le début des années 90s. Co-fondateur de la plateforme multi-media aujourd'hui disparu Coverts Op, ses premiers faits d'armes étaient placés sous le signe de l'ambient. Mais il préfère désormais se consacrer à des compositions d'obédience "minimal-dub". Une approche qui s'inscrit dans la lignée de l'école germanique : son nouvel album Wild Life Documentaryvient de paraître sur le label ~Scape. Récapitulatif.


Deadbeat s'est imposé notamment grâce à ses performances lives et une poignée de maxis parus sur Hautec, Revolver, Cynosure, Background, Force Inc… Édité par Intr_Version, son premier album Primordia est venu renforcer sa réputation. Clicks & cuts, minimal techno et abstract-dub : ce digipack oscillait entre groove hypnotique et ambiances sombres. À cela s'ajoute quelques participations à des compilations, dont celle de l'édition 2002 du Mutek. Une manifestation un peu équivalente à Sonar. Mais c'est lors d'une annexe à cet évènement — le Micro_Mutek_5 où figuraient notamment Tikiman et Scion — que Scott Monteith a rencontré Stefan Betke (Pole). De cette rencontre découle donc sa signature sur ˜Scape qui se matérialise par un album aux consonances dub très marquées bien que la texture de fond présente toujours des "analogies" avec le précédent opus…

Comme nous le confie Scott Monteith : "Primordia était basé sur un processus de création à la fois organique et introspectif, sur une base progressive assez lente. Wild Life Documentary repose aussi sur ce type de flux émotionnel qui se déploie lentement au fil du temps mais c'est avant tout le fruit de ma réaction à l'encontre de ce qui est produit depuis quelques années sous le terme de "dub". Cet album a été conçu avec un parfum de nostalgie, en s'inspirant des techniques et de l'esprit du dub-roots qui avaient cours en Jamaïque et en Angleterre dans les années 70s. Beaucoup de choses ont été dites à propos des aspects techniques du dub… Je n'y reviendrais pas. La nostalgie est au cœur des musiques que je préfère et le dub en est pour moi l'exemple même. Faire du dub cela consiste à isoler des moments d'émotion, puis à les relier entre eux et les redéfinir afin de créer quelque chose de nouveau

C'est ce processus de "re-composition" que l'on retrouve au travers de Crakhaus, un projet que Scott Monteith mène avec son vieux complice Stephen Baupré. Nous travaillons uniquement à partir de récupération sonore (found sounds). Des matériaux avec lesquels nous développons, nous générons des compositions house et techno. Cela nous a été inspiré par notre ami Marc Leclair (Akufen). Sinon, Atlantic Waves est une autre collaboration que je poursuis avec Robert Henke (Monolake). En fait, c'est une "web jam-session" réalisée à partir d'un dispositif mis en place par Robert Henke pour que l'on puisse s'échanger des fichiers et jouer ensemble tout en étant dans des lieux différents via Internet. C'est un terrain d'expérimentation que nous allons continuer d'explorer cette année. À suivre également, Recursive_Syntax, autre projet sous la forme une série trimestrielle de mini-CDs (3") à paraître sur le label Oral.

Laurent Diouf
Article publié dans Coda magazine en Janvier 2003

Deadbeat, Wild Life Documentary (˜Scape)
site: www.techno.ca/deadbeat/
contact: deadbeat@techno.ca





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