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BUTANE
America is back…
Loin des figures tutélaires de la techno que l'on continue d'aduler,
Andrew Rasse aka Butane représente la nouvelle génération
de musiciens américains, plus en phase avec la scène minimale
/ house européenne. Basé à St Louis (Missouri), il s'en
fait l'ambassadeur au travers des soirées Alphahouse, du nom de son label
où figurent Miskate et Franco Cinelli sur une petite poignée de
maxis. En retour, ses productions deep et groovy ont, récemment, été
repris par Matthew Dear ("How Low Can You Go" sur Fabric 27) et Luciano
("Next" sur Sci.FiHi.Fi volume 2). Deux références qui
incitent à en savoir plus sur ce jeune homme connu pour faire des miracles
dans les afters grâce à ses mixes savamment "dosés" et que
l'on avait, pour notre part, découvert via le circuit des netlabels
(notamment sur Unfoundsound, Archipel et Subsource).
Quel est ton parcours ?
Je suis DJ depuis quatre ans maintenant et je produis de la musique
depuis presque deux ans. Je n'ai pas de formation musicale
spéciale, je me suis formé tout seul en
travaillant sur mes productions. Beaucoup de choses, dans mon
passé, m'ont influencé : j'ai grandi en
écoutant le son des années 80s et puis j'ai
été un habitué des marathons de Danny
Tenaglia (plus de 12 heures de dj-sets) à New
York… Mais désormais, la plupart de mon
inspiration provient des afters, parce que c'est là qu'est
jouée la meilleure musique.
Un mot sur tes DJ-sets et ta présence à l'édition 2006
de la Love Parade…
Disons que je joue de la musique déjantée pour les clubs (druggy
party music) : c'est-à-dire à peu près tout, de la
house à la techno, minimale, cold, dark, funky… En fait, il y a
un moment et un endroit pour tout. Et je suis assez fier de moi d'avoir
une palette suffisamment large pour pouvoir jouer la musique appropriée
dans n'importe quel lieu où je me trouve. Cela dit, j'ai toujours cherché
à jouer en Europe, parce que c'est là que se trouve la meilleure
l'audience, le public le plus pointu. J'attends vraiment avec impatience la
Love Parade, d'autant que ce sera une première pour moi. Je ne sais pas
du tout à quoi m'attendre; excepté que ça va être
vraiment de la folie.
Justement, comment vois-tu la scène house / techno minimale américaine
par rapport à ce qui se passe en Europe ?
Ici, c'est assez réduit et surtout dispersé mais
il y a des petits groupe de gens qui font de grandes choses. St. Louis,
Madison, Minneapolis, Detroit, New York, Portland et quelques autres
villes maintiennent le flambeau. Mais aux États-Unis nous
n'avons aucune couverture média positive, ce qui fait que
c'est assez dur de développer cette scène.
L'Europe me semble plus encourageante, plus réactive. Et la
scène européenne plus forte.
Au travers de ton label Alphahouse, tu apportes ta pierre à l'édifice
en organisant des soirées. Comment ça se passe ?
Alphahouse a commencé comme soirée qui a ensuite
engendré un label, en 2005, pour mettre en avant la musique
que je composais. Maintenant, j'essaye de valoriser d'autres musiciens
et c'est très gratifiant de sortir la musique d'autres
artistes. Quant aux soirées Alphahouse, c'est assez
spécial. L'endroit, Upstairs Lounge, est plutôt
petit, il contient environ 150 personnes. Notre public est
fidèle et nous avons fait venir des gens incroyables ces
trois dernières années: Jeff Samuel, Someone
Else, Dandy Jack & Sonja Moonear (Junction SM), Jay Haze,
Magda, Dan Bell, Pheek, Barem, Jeremy Caulfield, The Kooky Scientist,
Dapayk…
Pour en revenir au label et à tes productions, pour le moment tu as sorti
que des EPs et des remixes. Est-ce que l'on peut espérer un album ou
un CD-mix dans un futur proche ?
Je pense que les deux sont envisageables mais je n'ai vraiment rien
planifié actuellement. D'ailleurs, je travaille mal lorsque
je me fixe un plan. Disons que si les choses doivent arriver, elles
arriveront. Et j'espère aussi qu'elles arriveront. En
attendant, gardes un oeil sur les prochains maxis à
paraître sur Dumb Unit, Roman Photo et Rrygular…
Qu'est ce que tu penses des net-labels ?
J'aime bien les netlabels ! Et si tu ne cherche pas un minimum parmi
les meilleurs plateformes, tu passes à
côté d'un tas de productions très
intéressantes et vraiment incroyables.
Et le phénomène des échanges via le P2P ?
Avec le P2P, les gens enfreignent la loi sur les copyrights et nous n'y
pouvons absolument rien. J'espère seulement que les gens qui
téléchargent réalisent que nous
travaillons durement pour faire de la bonne musique et que de temps en
temps ils iront acheter quelques disques et soutenir ainsi, de temps en
temps, leurs artistes favoris.
Est-ce que tu aurais envie de faire de la radio ?
J'ai été invité dans quelques
émissions et j'ai vraiment apprécié
l'expérience. Mais je n'ai pas assez de temps, ni d'envie
à vrai dire, pour animer une émission
régulière. Cela dit, je suis toujours partant
pour en faire une en tant qu'invité !
Laurent Diouf
Article publié
dans Coda #124, juillet-août 2006
Site: www.alphahousemusic.com
Playlist:
1. Christian Dittmann, Bajo El Volcan EP (Rrygular 06)
2. Phage & Daniel Dreier, Finger Food EP (Highgrade)
3. Adam Marshall, Arctic Memories (New Kanada 03)
4. Butane, The Girl Is Bored (Catenaccio 04)
5. Franklin De Costa, Beat The Bump (Iimmigrant)
6. Funzion, Random Kisses (Alphahouse)
7. Losoul, Back Wash Rider (Playhouse)
8. Miskate, Pharm Farm (Foundsound)
9. Dapayk, Mampe EP (Rrygular)
10. Dilo vs. Gurtz, Piedras (Dandy Jack remix) (Roman Photo)
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