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BRAIN DAMAGE : la vie en vert
Suite
au sabordage d'Another Sound System Expérience, Brain Damage reste la
seule formation en lice pour défendre les couleurs de Bangarang; un collectif
transdubalistique stéphanois qui s'inscrit dans la grande tradition des
plateformes du type On-U Sound (Adrian Sherwood) ou Universal Egg (Zion Train).
Modèles et influences revendiqués avec force au travers de leur
album Always Greener (on the other side)
paru au début de l'été.
Fruit d'une lente maturation qui a duré 4 ans dans les profondeurs obscures d'un home-studio baptisé "7/11 Laboratory", ce digipack fait suite à un maxi intitulé Bipolar Disorder, des interventions sur des compils et moult collaborations tant avec la scène hexagonale (Lab°, Dubwiser) qu'internationale (The Disciples, Alpha & Omega, Jah Warrior, Skiz Fernando / WordSound).
Ces interactions se ressentent bien évidemment sur le travail de Brain Damage qui propose du dub avec multiples reflets. C'est-à-dire de la "bass-music" style new-roots (deux titres "vocal & dub" ont été enregistrés dans le Conscious Sound Studio des Bush Chemists en présence de Tena Stelin), mais aussi digital et parfois un peu dark comme le trahissent les titres de certains morceaux ("Doom's day machine", "Pre-war psychosis", "Les petits yeux métalliques").
Ces compositions aux sonorités à la fois électroniques et électro-acoustiques sont enrichies par bon nombre de mixes, d'effets et de samples ainsi que par une spatialisation du son. Cette utilisation optimale de la stéréo doublée d'un mastering soigné anime ce disque d'une sorte de mouvement perpétuel grâce auquel l'oreille de l'auditeur averti découvre, écoute après écoute, des tonalités différentes, des variations structurelles, de nouveaux gimmicks, etc.
Le dub est une sorte de labyrinthe sonore idéal pour accompagner une thérapie par les plantes Et tout le problème, ou plutôt le dilemme, est de retranscrire ce foisonnement musical sans déperdition ni surcharge lors de performances publiques: "Si le projet de départ, il faut bien l'avouer, était largement basé sur le travail en studio, le live prends désormais de plus en plus d'ampleur et d'efficacité ! Les gens viennent découvrir deux musiciens (basse / machines) recréant leurs manipulations et expérimentations studio sous leurs yeux, en y ajoutant une dimension "physique", chaleureuse et direct, contrastant avec une certaine rigueur tant reprochée aux machines. Les versions "live" sont donc non seulement différentes de celles de l'album mais elles diffèrent aussi, d'un soir à l'autre, selon notre inspiration". On jugera de visu cet automne lors de la tournée promotionnelle de cet album qui se prolongera également par une série de remixes.
Laurent DioufRadio Libertaire, 145 rue Amelot, 75011 Paris. email Wreck This Mess