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BILLY DALESSANDRO
Chicago hope…

On aurait tort de penser que la production musicale de Chicago se limite à de la house sirupeuse, voire vulgaire… À la faveur de son deuxième album Starcity, Billy Dalessandro prouve que cette métropole est également sensible à un tempo plus fort et linéaire, à des sonorités plus proches de celles de la scène allemande notamment.

Comme beaucoup d'artistes techno, Billy Dalessandro a produit par le passé quelques disques sur Force Tracks / Force Inc. avant de trouver refuge chez Resopal Schallware, structure où l'on retrouve les signatures de Jackmate, Falko Brocksieper, Luomo, D. Diggler, Andreas Tillander… Plutôt minimal et groovy, son nouvel opus offre donc toutes les caractéristiques d'une techno rigoureuse mais deep, avec une large palette mélodique qui ne trahit en rien sa formation classique de pianiste. Ni son goût éventuel pour le hip hop, comme on peut s'en rendre compte sur la dernière piste du tracklisting. Explication.

J'ai 29 ans et suis originaire de Chicago. J'ai pas mal d'influences mais la plupart n'ont rien à voir avec l'univers de la techno. Cela dit, la techno m'influence aussi bien évidemment, mais en tant que telle, comme genre, et non pas par rapport à des artistes en particulier. En fait, je me laisse porter par ce que je ressens, au feeling et selon mon humeur et l'environnement qui m'entoure. Concernant mon style, je dirais que je fais de l'electronic-music plutôt downtempo. J'aime le minimalisme qui n'en a pas l'apparence… Et sur ce plan, mon album Starcity reflète mes états d'âme musicaux actuels. Et ma capacité à jouer sur les styles. D'une part, je voulais que les morceaux couvrent une grande variété de tons. Et d'autre part, je voulais faire quelque chose qui plaise à tout le monde, partout et n'importe quand : un disque que l'on peut passer en club ou écouter au travail devant son ordinateur. Il y a aussi un maxi, Come With Me qui contient un super remix de mon ami John Gaiser.

Je suis devenu un des artistes de Force Inc. / Force Tracks après avoir envoyé une démo. À l'époque, je vivais en Italie, perdu au milieu de la Toscane, et j'avais quelques morceaux d'avance. J'ai reçu un coup de téléphone une semaine après l'envoi de cette démo. Ils aimaient la musique et c'est comme cela que ça a commencé. La connexion avec Resopal Schallware s'est faite suite à ma toute première réalisation sur Force Tracks [le maxi Sonic Revolution, paru en 2002]. Un beau jour, j'ai été sollicité par email, par MRI, pour participer à une compilation intitulée The Midas Touch [feat. Benjamin Wild, Akufen, G-Man, SCSI-9, Crane A K, etc.] et qui a été publiée sur Konkav-Konvex. Un label dont Franck Elting et Stephan Lieb aka MRI s'occupaient, tout comme Resopal Schallware [fondé en 2002 à Frankfort, en Allemagne]. Et c'est comme cela que nous sommes entrés en contact et avons développé de très bonnes relations qui continuent encore maintenant.

En ce qui concerne Kompute [label créé par Matt Nee, Brad Sarpalious & Stephen Hitchell où Billy Dalessandro a réalisé un maxi, In The Dark], les choses se sont faites là aussi très simplement : il n'y a qu'un seul vrai label techno à Chicago, et comme je suis de Chicago… Ils voulaient travailler avec moi et depuis nous sommes restés en contact. Il y a beaucoup de talents aux États-Unis mais pas vraiment de scène, en fait. Ni assez de structures. Nous essayons malgré tout de passer de bons moments mais, en général, nos soirées se terminent bien avant le lever du jour… C'est pénible. En plus, dans beaucoup de villes et en particulier à Chicago, les soirées underground sont désormais complètement illégales. Et ce n'est vraiment pas facile de construire un mouvement dans ces conditions.

Les Européens, pour qui la techno est une vraie culture et pas seulement un défouloir, ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont ! En Allemagne, il y a énormément de labels mais cette situation est parfois limite. Et critiquable. C'est trop souvent réflexif, pas assez excessif ou relaxant. Pourquoi tout doit-il être conceptualisé ? Le minimalisme est trop souvent surfait et le dub surproduit. Cela ne veut pas dire que je n'aime pas ces styles, mais juste que c'est parfois un peu trop… J'aime bien l'Europe, en particulier l'Allemagne et le Portugal où il y a aussi une scène forte et surtout très authentique. Je tiens à remercier
Ilidio Chaves aka Expander et l'équipe de Soniculture pour le travail et le support de qualité qu'ils apportent à cette scène.

Laurent Diouf
Article publié dans Coda #120, mars 2006

Billy Dalessandro, Starcity (Resopal Schallware / Neuton)
site: www.resopal-schallware.com





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